‹ Les Boulinard, comédie-vaudeville en trois actesChapitre 19 sur 85 · ACTE PREMIER 23 BRUNIQUEL · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER 23 BRUNIQUEL

Je VOUS conseillerais de considérer la députation moins comme un but que comme un marche-pied.

Comment cela ?

BRUNIQUEL

Pourquoi, vous qui avez une grande fortune, ne solliciteriez-vous pas un poste d'ambassadeur ?

BOULIN ARD, enflant la voix.

D'ambassadeur?

BRUNIQUEL, à part, se moquant de lui.

Il est à peindre !

BOULINARD.

Une petite ambassade, alors?

BRUNIQUEL

11 ne vaudrait pas la peine de quitter Paris. Je voudrais vous voir, mon cher Boulinard, ambassadeur à Constantinople.

Moi aussi ! Malheureusement, il y a un obstacle.

BRUNIQUEL, à part.

Il n'en trouve qu'un ! (Haut.) Lequel?

BOULINARD.

Ma cuisi... Ma femme!

BRUNIQUEL

Madame Boulinard e?t une honnête femme.

Oui, mais elle n'a pas l'habitude des cours.

BRUNIQUEL

Vous la lui donneriez?

BOULINARD.

Oui, en la stylant... peut-être!

BRUNIQUEL, regardant sa montre.

Mais je vous demande pardon, il est 3 heures, je vais faire quelques courses dans le quartier et je reviens.

BOULINARD.

Je ne vous dirai qu'un mot, mon cher Bruniquel : Bon espoir.

BRUNIQUEL

Si vous ne croyez pas faire de moi votre gendre, croyez que rien ne m'empêchera de rester un de vos plus chauds admirateurs.

Comptez sur moi.

BRUNIQUEL, avec admiration.

Ah!

BOULINARD.

Quoi donc ?

BRUNIQUEL

Ah! c'est surprenant! De profil vous ressemblez à Colbert.

BOULINARD.

Vous êtes trop bon !

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