BENOIT, AGATHE
BENOIT, époussetant.
Voilà ce que j'appellerai un salon rudement astiqué.
AGATHE, entrant de droite.
Eh bien, monsieur Benoît, qu'est-ce que vous laites donc là ?
BENOIT
Vous voyez, mam'zelle, plus un atome de poussière.
AGATHE
Vous n'avez pas besoin de vous fatiguer, Benoît, s'il en reste, Madame l'enlèvera.
BENOIT
C'est vrai tout de même qu'elle fait de l'ouvrage, Madame, avec elle, ça ne reluit jamais assez.
AGATHE
Dame ! vous ne connaissez donc pas ses origines? C'est vrai, au fait, vous n'êtes dans la maison que depuis quinze jours. (Mystérieusement.) Eh bien, Madame sort d'un bureau de placement.
BENOIT
Vous voulez me faire poser, vous!
AGATHE
Ma parole d'honneur, monsieur Benoît.
BENOIT
Allons donc!
AGATHE
C'est comme je vous le dis. C'est une ci-devant collègue. Il y a vingt ans Madame était la cuisinière de Monsieur. Or, un soir, Monsieur, qui était veuf depuis six mois à peine, était allé dîner chez un ami, où il avait bu pas mal de Champagne et mangé pas mal de truffes, sans doute en signe de deuil, il se trouva un peu indisposé en rentrant.
BENOIT
Et je devine le reste.
AGATHE
Parbleu, comme c'est malin ! L.a petite bonne lui