‹ Les Boulinard, comédie-vaudeville en trois actesChapitre 48 sur 85 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

Depuis noire arrivée ici, M. Boulinard entasse les bévues sur les impairs et les impairs sur les gaffes.

CÉCILE

Que voulez-vous dire ?

BODARD

Je veux dire qu'il a pris sa situation de beau-père trop au sérieux, qu'il a fait dans ce brave hôtel de province un remue-ménage ridicule, inimaginable» faisant déguerpir un major de la chambre qu'il payait à beaux écus comptants, pour s'y introduire avec Madame votre mère, qu'il va presque faire démolir cet hôtel pour le faire reconstruire à ses frais.

Roulement de tambour.

CÉCILE

Qu'est-ce que c*est que ça ?

BODARD

Ça doit être votre père.

LE TAMBOUR DE VILLE, à la cantônade.

En l'honneur de l'arrivée de monsieur le Sous- Préfet...

BODARD

Hein?

LE TAMBOUR

Il est fait à savoir aux indigents des deux sexes, de la part de monsieur Aristide Boulinard*..

CÉCILE

De moD père.

BODARD, à la fenêtre.

Mais tais-toi donc, animal !

LE TAMBOUR

Qu'une distribution gratuite de pain, vin, viande, sucre et café...

BODARD

Ah! bien oui ! il crie encore plus fort!

LE TAMBOUR

Aura lieu aujourd'hui aux fraiâ du ci-dessus, Aristide Boulinard.

Roulement de tambour.

BODARD

Voilà !

CÉCILE

Eh bien! il n'y a pas grand mal à ça. C'est de la philanthropie.

BODARD

Non, voyez-vous, j'aime mieux m'en aller. Quand je serai parti, vous direz la vérité à votre père.

CÉCILE

Si vous partez, c'est me perdre, me perdre irrévocablement. Mon père sera furieux d'avoir été berné, ioué de la sorte; d'autant plus furieux qu'il aura commis toutes ces maladresses. Il a donné sa parole à Monsieur Bruniquel et je serai forcée de Tépouser.

Mais ce déjeûner, tout à l'heure, avec le major, le présiaent du Tribunal et le Juge de paix,

CÉCILE

Bah! nous serons là, et avec un peu de présence

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