Les bourgeois aux champs
MARGi'ERiTE. — yiieilc différence vous allez Irouver diiiis la maison, mon bon monsieur Maugé ! comme on s'y amuse, à présenl! Ces! tous les
jours dos parties, des fêles , des promenades. Madiiniea bien toujours de ses liunieurs par-ci parlà, mais bien moins. Quant à monsieur, il est ce qu'il a toujours été, ce qu'il sera toujours, la meil- Ic-ure pâte des hommes.
MAiGÉ. — Oui, il paraît que ces bons amis sont fort occupés de leurs plaisirs, qu'ils s"amusenl beaucoup; car toutes les letlres que je leur ai ailrt'ssées sont restées jusqu'à présent sans réponse. IJifin, j'ai pris le parti de venir voir par moi-même si c'est qu'ils ont tout à fait rompu avec Paris.
MARGUERITE. — J'm'cn vas vous dire, monsieur Maugé; vous sentez bien que toutes leurs connaissances n'ont guère le temps d'écrire non plus; ils si occupés cbez eux! Ce n'est pas l'embarras, au dernier voyage que j'ai fait pour madame, j'ai encore été très-bien reçue, tout comme autrefois; mais, voyez-vous, monsieur Maugé, ce n'est plus guère leur genre, à monsieur et à madame; s'ils voient encore les personnes qu'étaient en rapport avec eux, c'est toujours à parler commerce, affaires, épiceries; et vous sentez bien que, l'épicerie, c'est pas amusant d'en parler, quand on en a fait trente ans de sa vie.
MAiGÉ. — Cependant, M. et madame Cibot ont de grandes obligations à l'épicerie.
MARGi^ERiTE. — Vous Bvcz raisou, monsieur
Maiigc; mais, moi, par exemple, je suis toujours la même, j'aime toujours à revoir nos ancienues connaissances de Paris.
MALGÉ. — Vous êtes bicu bonne; je vous en remercie, Marguerite.
MARGUERITE. — Voulcz-vous prendre quelque cliose, en attendant le déjeuner? car monsieur et madame sont rentrés si lard, que vous ne les verrez pas de sitôt.
MAUGÉ. — Eii bien, volontiers : la moindre chose.
MAUGiinRiTE. — C'est qu'il n'y a rien : ils n"oiil pas dîné hier à la maison. C'est égal, je vas toujours voir. [Elle sort.)