‹ Les bourgeois aux champsChapitre 43 sur 60 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

LES MÊMES, M. TABAROT, LES ÉPOUX POTIQUET.

TABAROT. — Donnez-vous la peine d'entrer, ma voisine.

LA MÈRE poTiQCET. — Vol' Servante, la compagnie.

TABAROT. — M. et madame Poliquet, chère amie, des voisins qui viennent nous voir.

MADAME TAEAROT. — DoilIlCZ-VOUS l3 peillC de

VOUS asseoir, madame Poliquel.

poTiQCET. — Ben obligé. J'sommes point fatigués.

LA MÈRE POTIQUET. — AllOnS, VOyOHS, pJSqu'OH

l'dit d'I'assister... Excusais, voisine, c'est qui n'équions point ficliu d'se teni sus ses jambes.

TABAROT. — Serait-il incommodé ?

LA MÈRE POTIQUET. — N'm'cu parlais point. J'sommes outrée conl'li! V'Ià, comme j'sorquions d'ciieux nous, que j'rencontrons un homme dclieux li, rmarécliul d'Boubiors; y Icux sont allés boire un coup padant que j'équions arrêtée avec eune voisine; quand y s'en r'veniont, il équiont bu, sauf Yofrespecl, mon voisin; avec li, c'équioul toujou n'a rcommençais.

TAP.AROT. — C'est fort triste.

LA MÈRE POTIQUET. — Ail bcn , oui , qu'ça réquiont; vu qu'y n'équiont point bon quand une fois li équiont bu.

MADAME TABAROT. — Eugéuie!

LA MÈRE POTIQUET. — IS'aycz polut pcur : tant que j'serons là, à côtéd'li,y n'f'ra point de sottises; faut tant seulement prendre garde àn'pointl'contrarier.

poTiQCET. — Coni'Ieux-zy ton conte.

LA MÈRE poïiQiET. — Tu vas pas flaire! N'y faites point n'atlenlion, y va s'endormir, nous

LES VOISINS DE CAMPAGNE. i35

allons l'êlre tranquilles. J'sommes venus, voisine, pour une affaire.

MADAME TABAROT. — Vraiment, voisine?

LA MÈRE POTiQCET. — Oli ! nials, oui.

poTiQUET. — Conl'Ieux-z'y ton conte.

LA MÈRE POTIQUET. — D'abord j'm'en r'iournons si tu ne veux pas m'Iaisser faire; par ainsi, tiensloi ben. V'Ià donc ce que c'est, voisin.

TABAROT. — Voyons, voisine.

LA MÈRE POTIQUET. — J'ons cunc plècc d'iarre tout cont' vout'varger que j'voulons vous cédais, pour pou qu'ça vous aille; mais c'équionl d'Ia line tarre, d'Ia larreà filasse, qui n'y aviont point sa meilleure.

MADAME TABAROT. — Je VOUS remercic, voisine, d'avoir bien voulu penser à nous.

LA MÈRE POTIQCET. — Ail ! mals oui, d'autant que j'comptons qu'ça pourriont vous allais.

TABAROT. — Dans l'incertitude où nous sommes encore de nous fixer ici, je vous avoue que nous n'osons prendre encore aucun engagement; sans cela...

LA MÈRE POTIQUET. — Écoulais, niettons qu'y n'y aviont rien d'fail.

TABAROT. — Je ne dis pas que plus tard...

LA MÈRE POTIQUET. — Sufiil, dès l'uioiueut qu'la chose n'vous convenonl point...

poTiQiET. — J'sommes point n'cmliarrassais.

LA MÈRE poTiQULT. — Tu VQS pas l'iairc ! Faut pas y répondre, ça va y passer.

poTiQCET. — J'vous disoHS point d'soltlses.

hx MÈRE poTiQUET. — N'y répondais point... On n't'dit point d'soltises, vieux sac-à-vin, vieux pardu! Laisse-le parler, c't'liomme, pisqu'y ne te dit rien, il équiont dieux li. Si ça lui convenonl point, y a point à l'y forcer: c'équiont euno bêtise à li de n"point prendre noul'pièce, ça n'ie regardons point... Pas vrai, voisine?

MADAME TABAROT. — Va voir, Eugénic, siMélanies'occupe du déjeuner ; je ne tiensplus sur mes jambes.

EUGÉNIE. — Oui, maman.

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