‹ Les bourgeois de Paris scenes comiquesChapitre 118 sur 175 · UNE VOIX EXTÉRIEURE · texte numérisé non relu

UNE VOIX EXTÉRIEURE

C’est pas vous qui partez par le convoi de six heures?

MADAME GIMARD.

Allez vous promener... Pauline?

PAULINE

Maman ?

MADAME GIMARD.

Dors-tu ?

PAULINE

Non, maman, et loi ?

MADAME GIMARD.

•le suis rompue... Tu xs dormi eu voiture?

PAULINE

Un peu, oui, maman.

UN TRAIN DE PLAISIR

MADAME niHARD.

.1(3 n’ai pas fermé l'œil, et ton père?

PAULINE

Il a couché avec ces messieurs.

MADAME GIMARD,

En bas, sur le billard.

PAUI.INE.

Oui, maman.

MADAME GINARD.

.le ne sais si nous n’aurions pas mieux fait de nous y mettre, sur le billard, avec ta marraine ; nous ne nous sel’ions pas st'îparées d’abord ; puis, nous n’aurions pas été tourmentées, comme nous l’avons été, toute la nuit. J’aimerais cent fois mieux des cousins . . 11 {ilcut toujours?

PAULINE

Oui, maman, à verse

MADAME GIMARD.

On ne respire pas dans ce maudit cabinet. Et fa marraine, où l’a-t’-on campée?

PAULINE

Bien loin, bien loin, avec d’autres dames qu’elle ne c-onn.iît pas. Dans une grande, grande chambre où il y a sept ou huit lits.

MADAME GIMARD.

C’est un hôpitîd ! Dis-moi, tu n’as pas entendu la mer cette nuit?

PAULINE

Non, maman.

MADAME GIMARD.

Quand je dis cette nuit, c’est une manière de parler; nous u’iHions pas dans notre lit, cette nuit. Enfin, si encore j’avais mon petit paquet !

PAULINE

Papa a du, ce matin, l’aller réclamer au bureau.

UN TRAIN DE PI-AISIR

MADAME GIMAKÜ.

Je ne l’aurai pas. Comment diable veux-tu que je puisse l'avoir à présent? c’est impossible! 11 n’y a pas à dire, je n’ai absolument que ce que j’ai sur le corps.

l’AllUNE.

Tu vas t’enrhumer.

madame gimakd.

Je /fl suis.

PAULINE

Pauvre maman !

MADAME GIMAKD.

Si ta marraine est de mon avis, nous n’en parlerons à personne, de cette partie-là ; n’en parle pas. loi.

PAULINE

Non, maman.

MADAME GIMAKD.

D’autant qu’elle sera à recommencer... parce qu'à présent, vois-tii...

PAULINE

Nous n’irons pas promener?

MADAME GIMAKD.

Ah! ben oui, promener!... Trempées comme nous l’avons été en descendant de voiture, à courir de porte en porte, tous les hôtels. Dieu sait comme ! Et pas un parapluie encore? J’aurais une tluxion de poitrine que, certes, je ne l’aurais pas volée. Qui est là *?

UNE VOIX EXTÉP.IEUKE.

Amie!

PAULINE

Ma marraine!

MADAME GIMAKD

Un instant!.. .Pauline, va lui ouvrir.

PAU LINE

Oui, maman.

LN TRAIN DE PLAISIR

MADAME GIMAKD.

Ne mets pas les pieds par terre.

- ■ PAULINE

Non, maman.

Page 1