‹ Les bourgeois de Paris scenes comiquesChapitre 95 sur 175 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

MONSIEUR EERl.É, MONSIEUR TIIOM ISSU

MONSIKL’n FKKI.É.

Savez-vous que c’esi nue liisloire bien diùle t|iie vous venez de me conler là ?

MOSSIKUR TIIOMASSli.

Je le f rois pai-bleu bien!

MOSSIEl'Il FF.KI.K.

On u’a pas idée d’une jvosilion semblable à celle de sa pauvre femme.

MOSSIEL'R THOMASSl’.

Ija pauvre femme n’éUnl pas plus à plaindre que le pauvre homme, qui avait, lui, toute la charge sur le dos.

MONSIEUR FERLÉ.

Convenez qu’ils sont néanmoins fort benreux d’en èire ipiitles à si l>on marché.

MONSIEUR TUOMASSU.

Avec tout cela, ils ne marient pas souvent leur demoiselle.

LES DlSKCllS DE IlIENS ' 'monsieur ferlé.

Ils ne la marieront pas.

MONSIEUR THOHASSU.

J’cn ai peur. Et cela }iar leur faute.

' MONSIEUR FERLÉ.

Certainement par leur faute.

MONSIEUR TIIOMASSU.

Vous u’avez jamais en de velléités ftour le mariage, monsieur Ferlé ?

MONSIEUR FERLÉ.

Si fait!

' MONSIEUR THOMASSII.

Eh bien?

MONSIEUR FERLÉ.

il in’cst arrivé ce qui toujours arrive eu pareil cas.

MONSIEUR THOMASSU.

(!'est sans doute comme à moi.

MONSIEUR FERLÉ.

Tout était arrangé, parfaitement ari cté.

MONSIEUR TIIOMASSU.

Parfaitement convenu.

MONSIEUR FERLÉ.

Les choses allaient.. .

MONSIEUR TIIOMASSU.

Comme sur des roulettes.

MONSIEUR FERLÉ

.le plaisais à la jeune personne...

MONSIEUR THOMASSU.

Comme moi...

MONSIEUR FERLÉ.

Puis au moment de conclure. . .

MONSIEUR TIIOMASSU.

Va le promener!

l,ES DISEURS

MONSIEDR FERLÉ.

C’étaient des frayeurs atroces! .

MONSIEUR TUOMASSD.

Je connais ça.

MONSIEUR FERLÉ.

Des sueurs froides à m’empèclier de prendre toute espèce d'initiative.

MONSIEUR THOMA^SU

Qui vous coupaient bras et jambes

MONSIEUR FERLÉ.

Positivement. Bref, j’étais encbnnté quand je pouvais trouver un prétexte...

MONSIEUR THO.MASSU

Pour vous dégager.

MONSIEUR FERLÉ.

Maintenant, je pense, avec raison, qu’il est un peu tard pour songer à plaire; et, ma foi, après y avoir mûrement réfléchi, ma foi... j’y renonce.

MONSIEUR THOMASSr.

Vous avez grand tort.

MONSIEUR FÈRLÉ.

Non, je ne me le dissimule pas : j’ai ce qui s’appelle brûlé mes vaisseaux.

MONSIEUR THOMASSU.

Ce qu’il y a de certain, c’est que la pauvre femme était fort embarrassée.

MONSIEUR FERLÉ.

A qui la faute ? Pourquoi diable aussi a-t-elle pris les devants?

MONSIEUR THOMASSU.

Il est sûr et certain que tout cela ne serait pas arrivé.

MONSIEUR FERLÉ.

Parce qu’alors, pour monter dans sa carriole, on s’y serait pris autrement.

DE RIENS

MONSIEl'R THOMAÜSU.

Et le beau-frère en eût été pour ses frais. Lui, je ne le plains pas.

MONSIEUR FERLÉ.

Quel homme encore ce bean-frère !

MONSIEUR THOMASSU.

Un imbécile, un fou.

MONSIF.UP. FERLÉ.

(’.’cst comme le mari.

( MONSIEUR THOMASSU.

Un pauvre homme.

MONSIEUR FEULÉ.

Dans toiUe l’acception du mot.

MONSIEUR THOMASSU.

Quant ü sa femme...

MONSIEUR FERLÉ.

Une corneille qui abat fk*s noix.

MONSIEUR THOMASSU.

Bonne femme an fond.

MONSIEUR FERLÉ.

Excellente !

MONSIEUR THOMASSU.

Lui, le mari, le meilleur des humains.

MONSIEUR FERLÉ.

Un hurluberlu.

. MONSIEUR THOMASSU.

C’est comme ce beau-frère, je ne le connais pas assez pour asseoir un jugement sur son compte.

Vous le connaîtrez quand vous voudrez : bon comme le bon pain, serviable au possible, mais d’un commun...

MONSIEUR THOMASSU.

J'avoue qu'au premier abord... il a un certain charme.

n<l LES DISEURS

MONSIKUR FERI.É.

Au « ontraire.

MONSIEUR THOMASSU.

r.’est pe que je voulais dire... pardon.

MONSIEUR FERI.É

Non; mais j'ai remarqué que depuis quelque temps vous ii’èfos plus à ce qu'oii dit

MONSIEUR THOMASSU.

Si fait, je vous assure.

MONSIEUR FERLÉ.

On prélend, du reste, qu’il est fort instruit.

MONSIEUR THOMASSU.

Je l'ai ouï dire.

MONSIEUR FERLÉ.

Je veux bien le croire... Après cela sa sœur n’est pas sans mérite.

.MO.NSiEl'R THOMASSU.

Très-entendue, madame Bidaclie, parfaitement à sou affaire : c’est elle qui fait aller la maison. ,

MONSIEUR FERLÉ.

Est -ce que, dans le temps, il n’y a jias eu sur sou compte certaines petites choses ?... ,

MONSIEUR THOMASSU. ^

C’est possible ; elle était jolie comme un cœur.

MONSIEUR FERLÉ.

Voiis-mème, monsieur Thomassu, est-ce que...

MONSIEUR THOMASSU.

On m’en a beaucoup prêté.

MONSIEUR FERLÉ.

On ne prête qu’aux riches.

MONSIEUR THOMASSU.

Mou bieu’ il est si loin de nous ce lem|)s-là, que s’il m’en souvient...

DE RIENS

MONSIEUR FERtÉ.

11 ne vous en souvient guère. . .

MONSIEUR THOMASSU.

Lui, le mari, comme vous le disiez tout à l’heure, la meilleure pâte d’homme f|ue je connaisse; mais sorlez-le de chez lui...

MONSIEUR PERLÉ

lln’vesl plus... lia celadecnmmim avec bien d'autres.

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