‹ Les Bourla-Papey et la Révolution vaudoiseChapitre 5 sur 15 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

La Révolution de 1798 fut surtout l'œuvre des villes ; elle eut pour conséquence l'émancipation politique du Pays de Vaud. Celle de 1802 fut accomplie essentiellement par les campagnards et les patriotes aux idées les plus avancées ; elle amena l’émancipation économique par le moyen de la suppression totale et définitive des droits féodaux. C’est de cette dernière, surtout, qu'il sera question ici. Moins connue que la première, elle n’est pas moins digne d'intérêt et elle nous fait pénétrer davantage dans la vie du peuple. Différents auteurs nous en ont parlé d’une manière plus ou moins exacte; mais, jusqu'à maintenant, elle est restée, malgré tout, enveloppée d’un certain mystère ; des légendes se sont formées à son sujet et le roman lui-même s’en est emparé*.

Après un siècle d'indépendance, le moment semble venu de raconter les événements de cette époque. Les historiens vaudois ont insisté jusqu’à maintenant sur le dévouement du Canton du Léman au reste de l’Helvétie, sur ses sacrifices militaires, sur son ardeur à défendre le nouvel ordre de choses. Ils ont volontiers laissé dans l’ombre certains côtés de notre Révolution afin de ne pas être obligés de montrer qu'un certain nombre de patriotes du Léman furent amenés à hésiter un moment entre l’alliance helvétique et celle de la France. Le moment est venu aussi de montrer quelle était la vraie situation des esprits en 1802 et comment les unitaires de 1798 devinrent les cantonalistes de 1803.

1 Les Bourla-Papey, par À. de Bougy.

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