‹ Les Bourses du Travail et la Confédération Générale du TravailChapitre 68 sur 111 · OOS'T OU0'0Y · texte numérisé non relu

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L'augmentation des effectifs de la section des fédérations est donc pour une période de deux années, de 1906 à 1908, de 158 organisations, dont 3 fédérations et syndicats nationaux, et de 90.125 syndiqués ; le nombre des syndicats isolés n’est plus que de 7, ce sont donc 10 syndicats isolés qui ont disparu, et qui sont ou bien entrés dans des fédé-. rations de leurs professions, ou qui ont créé en se réunissant des fédérations d'industrie, ou bien encore qui ont été radiés ou sont démissionnaires de la section des fédérations.

L'augmentation des effectifs de cette section pour la période de 1902 à 1908, soit six ans, est de 1.483 organisations adhérentes, dont 32 fédérations d'industrie ou de métier et syndicats nationaux, 6 syndicats isolés, et de 198.023 syndiqués.

Durant la dernière période de 1906 à 1908, une organisation très importante fut admise à la Confédération générale du travail; c’est la Fédération des Mineurs, dont l’admission, demandée depuis longtemps, était repoussée par le comité confédéral, en raison de rivalités de personnes, et surtout parce que cette Fédération manifestait des tendances réformistes. Enfin, quelques jours après les événements sanglants de Draveil-Vigneux, la Confédération générale du travail, dont les dirigeants étaient menacés de poursuites judiciaires pour participation à l’émeute, jugeant de bonne politique de frapper un grand coup sur l'opinion publique, fit avec les délégués de la Fédération des Mineurs un compromis réglant les difficultés pendantes depuis longtemps, et décida, dans la séance du 15 juin 1908, l'admission de cette Fédération. C’étaient 47 syndicats et 30.000 syndiqués, qui entraient en une seule fois à la Confédération. Les-journaux s’emparèrent de ce fait et voulurent voir, par l’entrée d’une fédération notoirement ré-

formiste, un changement de politique, de tactique et d’attitude de la Confédération générale du travail, qui, par suite des votes émis par cette organisation, se verrait obligée de modérer son allure révolutionnaire. En réalité, aucun changement de ce genre ne s’est produit, et il faut bien reconnaître qu'aucun ne pouvait se produire. En effet, l’afflux de 30.000 nouveaux membres ne pouvait changer en rien les votes du comité de la section des fédérations, et ceux du comité confédéral, car ils ne disposaient que d’une seule voix, et dans les congrès, n'ayant que 47 voix, puisque se composant de 47 syndicats, ils ne pouvaient pas non plus espérer changer les résultats des votes émis.

Les chiffres des syndiqués portés sur les effectifs de la section des fédéralions ne sont pas exacts, ils ne sont qu’approximatifs, et on ne peut les connaitre avec certitude ; en effet, dans les renseignements qu’ils donnent pour établir les statistiques officielles ils exagèrent le nombre de leurs adhérents, afin de faire croire à plus de force, et dans

ceux qu'ils fournissent à la Confédération, comme ils

servent de base pour le paiement des cotisations, ils restent au-dessous de la vérité.

La plupart des syndicats composant la section des fédérations sont affiliés à une Bourse du travail ou union locale, comme le veulent les statuts de la Confédération générale du travail, mais il y a encore un nombre assez considérable de syndicats « boiteux », c’est-à-dire qui, tout en adhérant à leur fédération nationale, ne sont pas affiliés à leur Bourse ou union locale, Leur nombre est d'environ 300.(1) Le comité de la section des fédérations est composé en principe d’un délégué par fédération et par syndicat nalional; en réalité, il y a moins de délégués que d'organisations,

(1) Pouget. La Confédération générale du travail, p. 21 et 22.

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car chaque délégué peut en représenter trois. Le nombre des délégués est environ la moitié du nombre total des organisations.

Le sécrétaire prend le titre de sécrétaire général de la Confédération générale du travail ; Le trésorier de la section des fédérations est aussi le trésorier de la Confédération.

Le sécrétaire de la section des fédérations est le représentant officiel de la section, il agit et écrit en son nom, mais il ne doit, en aucun cas, donner des ordres aux organisations adhérentes, le principe fédéraliste étant la base de l’organisation de cette section. Théoriquement il n’est qu'un employé, un salarié sans initiative, mais en réalité, bien qu'ils s’en défende, il est plus que cela; s'il ne donne pas des ordres formels aux organisations confédérées, ses conseils « fraternels » ne sont souvent pas autre chose, et il est parfois bien difficile à ceux qui les reçoivent de passer outre, sans s’atlirer par la suite des désagréments multiples ;enun mot cet employé est un personnage très important, très influent, qu’il ne fait pas bon de traiter en simple fonctionnaire sans personnalité. [l arrive même souvent que ce secrétaire, dépendant du comité fédéral, agisse sans son consentement et sans lui en référer préalablement, c’est ce qui s’est produit à maintes reprises,

Le secrétaire touche 250 francs par mois et le trésorier 200 francs, leurs adjoints ne sont payés que pour les travaux qu'ils font pendant les absences volontaires ou forcées des titulaires.

Le comité de la section des fédérations envoie des délégués en province, pour y faire des tournées de conférences et de propagande. Lorsque, et c’est Le cas général, les congrès des fédérations adhérentes demandent qu'un membre de la Confédération générale du travail y assiste officielle-

ment le comité envoie un délégué. Les frais entraînés par ces délégations sont toujours à la charge des organisations qui les ont sollicitées.

Les délégués envoyés dans les congrès par le comité fédéral n'y remplissent qu’un rôle strictement délimité, : ils ne doivent pas intervenir dans les discussions ils sont simplement chargés de donner les renseignements : qu’on leur demande, se bornant à apporter par leur pré- sence une marque toute morale de sympathie et de solidarité de la part de la Confédération générale du travail.

Les dépenses faites par la section des fédérations pendant : l'exercice 1902-1904 s’élèvent à 18.013 fr. 10 et les recettes pour la même période furent de 19.370 fr. 25.

Du 1° juin 190% au 31 mai 1906 les recettes furent de : 21.944 francs, les dépenses furent de 19.324 fr. 05.

Du 1° juin 1906 au 30 juin 1908 les recettes furent de 21.339 fr. 10, les dépenses furent de 23.534 fr. 85.

Ici encore les organisations ne réglent pas leurs dettes avec ponctualité, beaucoup sont en retard pour le paiement de leurs cotisations, ce qui oblige le trésorier à les rappeler fréquemment à l'ordre.

Les principales recettes proviennent des cotisations, puis de la vente des brochures, des labels, etc.

Les dépenses sont les appointements des fonctionnaires, | les frais de bureau et de correspondance, les délégations, les frais d'impression des brochures, le loyer, etc.

Lorsqu'une organisation ne se conduit pas comme elle devrait le faire, c’est-à-dire lorsqu'elle n’est pas assez violente dans son action, dans les colonnes de son organe officiel, ou dans les discours de ses membres, le comité de la section des fédérations la suspend. C’est le cas qui se produisit pendant l'exercice 1904-1906, pour la Fédération

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culinaire, qui fut suspendue pour plusieurs raisons, mais dont les deux principales furent d’avoir inséré dans le Progrès Culinaire, en première page du n° du 16 juillet 1905, un article qui dit au sujet d’un syndicat de Marseille : « cette fois ça y est : patrons et ouvriers, la main dans la main, comprenant leurs intérêts mutuels engagés entre eux, viennent de combler le fossé qui les séparait » ; et, dans le n° du 1* juillet 1905, ellereproduisait un article que, dans son n° du 15 juin, le journal patronal des restaurateurs avait publié. Ce journal patronal invitait les syndicats de l'alimentation à le reproduire, « tant il reflète l'opinion et

les sentiments des ouvriers sérieux et du patronat »..

M. Griffuelhes ajoutait dans son rapport « ces deux derniers faits furent particulièrement retenus par le comité comme de nature à légitimer une suspension de l’organisation incriminée ». :

2° La section de la Fédération des Bourses du travail. — La deuxième section de la Confédération générale du travail est la section de la Fédération des Bourses du travail. C’est l'ancienne Fédération des Bourses du travail entrée à la Confédération générale du travail en 1902.

Son comité se compose des délégués des Bourses du travail, Unions locales, départementales et régionales, de syndicats divers ; il nomme un bureau formé d’un secrétaire, d’un secrétaire-adjoint et d’un archiviste.

La section des Bourses du travail doit entretenir des relations entre ses adhérents, afin de coordonner et de simplifier leur action. Elle crée et provoque la création de nouvelles Bourses là où il n’en existe pas, et elle s’efforce de décider ceux des syndicats qui ne l'ont pas fait à adhérer à leur fédération respective d'industrie ou de métier. Elle doit dresser les statistiques de la production, de la consom-

mation, du chômage, et comparer les salaires et le coût de la vie par région. Elle a pour mission de surveiller attentivement la juridiction cuvrière, et d’en signaler les avantages et les inconvénients aux organisations confédérées.

Les statuts de la Confédération lui assignent comme rôle tout ce qui a trait à l'administration syndicale et à l’éducation morale des travailleurs.

Le comité se réunit ordinairement le troisième vendredi de chaque mois.

Dès janvier 1903 la section de la Fédération des Bourses, après avoir constitué son bureau, nomma ceux de ses membres qui devaient faire partie des commissions de contrôle, de la grève générale et du journal.

Le comité de la section de la Fédération des Bourses fait souvent des démarches auprès des Chambres et des ministres, mais € hardiment et avec l’attitude de protestataires (1) ».

Il étudie les lois ouvrières et les modifications que l'on veut y apporter.

Les appointements du secrétaire sont de 250 francs par mois.

Les membres du comité envoyés en délégation en province touchent 15 francs par jour.

Au congrès d'Amiens, en 1906, Le secrétaire se plaint de l’nexactitude des délégués aux séances du comité ; il ne leur fut pourtant pas fait application de l’article des statuts sur les absences réitérées et sans excuse ; d’ailleurs, il n’y a rien à faire, et, quelles que soient les mesures prises, les délégués ne viennent que rarement.

La section des Bourses prend une large part dans tous les actes et manifestations de la Confédération générale du travail.

(1) Congrès de la Conf. gén. du trav., Bourges 1904, p. 30.

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