‹ Les boutiques d'espritChapitre 16 sur 17 · A. RASTOUL · texte numérisé non relu

A. RASTOUL

Uq beau et très-iort volume ia-12 avec couverture illustrée en 8 couleurs»

Prix .... 3 fr. 60

Un nouvel ouvrage vient de paraître qui certainement fera bondir d'indignation les âmes perverses, et réjouira ceux qui aiment la vérité. C'est une histoire populaire de la Révolution française que M. A. Rastoul vient de mener à bonne an.

Nous sommes débordés par les apologies des crimes et des hommes de cette époque néfaste. D'innombrables écrits sans compter les journaux ne cessent de glorifier cette période malheureuse de notre histoire. Reconnaissons hautement que les bons se réveillent et réagissent par des brochures et de nombreux écrits. Des ouvrages fort sérieux dont le succès est présenta resprit«de tous ont jeté la lumière sur la Révolution, mais il n'existait pas encore une histoire complète, saine et vraie, et qui fût d'un prix minime.

Nous avons donc à féliciter If. Rastoul d*avoir comblé cette lacune fort regrettable, et non- seulement l'auteur de cette Histoire populaire de la Révolutign a comblé une lacune, mais son livre est écrit de main de maître. Quels sont donc les aperçus nouveaux que H. Rastoul a découverts ? Aucun. Il s'est contenté de retracer les faits, et ce n'était pas une minime tâche que de condenser en un seul volume l'histoire de la Révolution. Il fallait un esprit clair, net, droit et ferme pour ne pas se laisser entraîner par la multiplicité des faits. Du reste la préface où l'auteur expose modestement son plan es( le meilleur éloge que nous puissions donner à ce livre.

« Pourquoi une histoire populaire de la Révolution française, alors que déjà il existe tant d^liisloires de la Révolution ? La réponse sera courte.

« En effet/jl existe de nombreuses histoires de la Révolution, qui, du reste, n'empêchent pas d*en publier chaque année de nouvelles; mais ces histoires, généralement^ très étendues, rebutent beaucoup de lecteurs par leur longueur. De plus, trop souvent ce sont non des histoires impartiales, mais des apologies. Les uns, à l'exemple de MM. Thiers et Mignet, présentent la Révolution comme une crise fatale, dont personne ne pouvait empêcher les excès, et qui était nécessaire pour les progrès de la France et de Thumanité tout entière ; cette théorie, sans glorifier les crimes, excuse au moins les coupables qui ne sont plus que des agents irresponsables et inconscients de la fatalité. Les autres, comme MM. Quinet, Michelet, Louis Blanc, font Tapologie, tinon des hommes, au moins des doctrines de la Révolution. D'autres enfin, plus logiques ou plus hardis, comme M. Ësquiros. glorifient hautement et les choses et les hommes ^e la Révolution ; Timmonde Marat lui-même a trouvé des panégyristes, et tout récemment l'anniversaire de la proclamation de la République a servi de prétexte à la glorification delà période de la Révolution comprise entre le 22 septembre 1792 et le 9 thermidor, c'est-à-dire de la Ttrreur.

\ A ces dangereuses histoires, nous voulons opposer un simple

exposé des faits, raconter impartialement ce qui s'est passé. Sans nous interdire à l'occasion une rapide appréciation des faits, nous laisserons généralement au lecteur le soin de Juger,- lorsque nous lui aurons mis sous les yeux les pièces du procès. Notre impartialité n*ira pas cependant jusqu'à tenir la balance égale entre le mal et le bien, entre les assassins et les victimes ; ce ne serait pas Ik de l'impartialité, mais une désertion de la cause de la rérité.

a Comprenant les inconvénients des histoires trop étendues, qui ne s'adressent qu'à la catégorie restreinte des lecteurs ayalbt du loisir, nous avons cherché à être aussi bref que possible sans cependant omettre rien d'important. Il en résultera peut-être une certaine sécheresse à cause de la multipli^té des faits sur lesquels nous serons obligé de passer rapidement ; mais cet inconvénient sera amplement compensé par l'avantage de réunir en an seul , volume un récit suffisamment complet de la Révolution.

« La plupart des historiens de cette période de notre histoire arrêtent leur récit au 18 brumaire ; nous n'avons pas cm devoir les imiter, et nous avons consacré quelques pages au consulat. En lui-même et dégagé des événements que Ton verra, le 18 brumaire n*est qu'une date révolutionnaire, un coup d'État après d'autres ; pour lui donner sa signification contre-révolutionnaire, peut-être plus apparente que réelle, car le premier consul Bonaparte régularisa la Révolution plutôt qu'il ne la termina, il nous a paru nécessaire de rappeler les mesures réparatrices du gouvernement consulaire, et surtout le concordat qui, dans une certaine mesure, fermait la révolution ouverte par la constitution civile du clergé.

a En terminant cet avant-propos, nous répéterons cette phrase dont on a beaucoup abusé, mais que nous pouvons redire en toute vérité : « Ceci est un livre de bonne foi. »

En terminant ce court aperçu, nous devons faire remarquer que cet ouvrage est très-soigné au point de vue matériel.

Le papier est fort, et la couverture est une trèsbelle allégorie de la Révolution.

Au premier plan, la France en pleurs couverte d'un voile noir voit à ses pieds jetés dans la boue une croix pastorale, un missel^ l'écusson royal et le dra-

peau ; une cornue brisée, un tableau éventré, une ruche renversée, un objet d'art, une ancre, etc., etc., tous les emblèmes de la religion, de la royauté, des arts, du commerce, du travail, de ragriculture, de la science. Plus loin se dresse la sinistre guillotine eB face du Temple.

Pour couronner le tout, un assignat fich'^ au mur ; un faisceau de licteurs surmonté du bonnet phrygien au coin d'une.borne et la date horrible de 1793 émergeant de la fumée noire d'une torche.

Cette belle composition est à elle seule le résumé du livre.

Le succès de ce livre est certain ; il répond à un besoin, et si les gens du monde trouvent du charme dans la lecture de cet ouvrage, le paysan en tirera du profit. Toutes les bibliothèques s'enrichiront par l'acquisition de ce volume qui honore son auteur.

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