ACTE PREMIER
ROBBaT.
Tu n'as aucune disposition pour la musique.
JULES
Je le sais bien. Je chante pour vous ennuyer; je m'ennuie i moi, et ça m'ennuie de m'ennuyer tout seul.
Bien obligé!
Il sa Tend qd Ttrro de ?io.
JULES
Elle aimait cet air-là! ..4
ROBERT
Ah ! bon ! Est-ce que tu vas encore me parler de mademoiselle Hélène Potichon?
JULES
De quoi voulez-vous que je vous parle*?...
ROBERT
C'est juste, ta conversation est limitée.
JULES
Si vous croyez que je m'amuse chez vous !
ROBERT
Si tu crois que tu m'amuses chez moil
JULES
Il n'y a que vous pour habiter des criques pareilles ; il n'y avait qu'un trou inhabitable sur la côte normande^ vous vous en êtes fait le Christophe Colomb I
• , ROBERT
Et je m'en flatte... J'habitais d'abord un pays neuf, il n'y avait qu'une seule maison, la mienne , ça m'allait... Aujourd'hui, il y en a deux , j'habite ici...
* Jules, Robert.
JULB6.
Eh bien , je iD*ennuie icL
ROBERT* JVLSB*.
Si vous voulez que je m'en aille, dQnnez*moi de Targent. (Avec •entiment.) Et encore, où irais-je?...
ROBERT
Ya chez le père Potichon, va chez tes parents.
JULES
Avec ça qu'ils sont, gentils, mes parents. Us m'ont interdit.. • Pourquoi ?... Je vous le demande. Enfin, voyons^ pourquoi?
ROBERT
Parce que, n'ayant que vingt-cinq mille livres de rente, tu as dépensé deux cent mille francs en dix-huit mois; que mademoiselle Hélène Potichon est un gouffre , toi un wm, ^t qu'il y « de9 juges à Berlin.
JULES. '
Ils auraient bien dû y rester, à Berlin, les juges!
ROBERT
Ils auront profité des chemins de fer. Eh vingt-cmq heures, ils sont à la disposition des familles.
JULES**
Et mon avocat, en voilà un croûton ! A-t-il mal plaidé, ce cuistre^. J'avais envie de lui jeter mon chapeau à la tôte...
ROBERT
Ça aurait bien fait, (ii déplie sa servieue et crie.) L'omelette!
JULE8.
II allait comme une tortue; alors, j'ai pris la parole, moi ; je leur ai parlé, aux juges!
* Robert, Jules.
** Jules, Robert.