HENRI, BLANCHE
Vous cherchez quelqu'un, madame ?
BLANCHE
Au contraire, monsieur, je me sauve de mon mari, il dit qu'il m'aime, et, bien mieux, il prétend que je dois l'aimer !
HENRI
M. Tingrey est, je crois, un peu entaché de fatuité?
BLANCHE
Il a une assez bonne opinion de lui-môme.
HENRI. '
Et la partagez-vous? ^
BLANCHE
Moi? Ohl je n'ai pas d'opinion du toèt sûr' M. "tingrey ; c-est tout simple, je le connais si peu !
^BliBc]ie,&eiurL -c ^
HENRI
Cependant^ il y a jtrois années que vous èles mariés.
RLANGHE.
lion Dieu, oui... Trois années, dont une bissextile encore.
HENRI
Hais alors T.M
Âh! vous comprenez^ les affaires d'un côté, les plaisirs de l'autre, nous ne faisons que nous rencontrer dans la vie, et... la plupart du t^mps, nous nous saluons, mais nous ne nous parlons pas.
HENRI
Ahl tout à l'heure, cependant, il vous a parlé... et de son amour encore... Il vous aime, a-t-il dit.
BLANCHE
Eh bien, oui, comprenez- vous cela? Ça lui a pris tout d'un coup, le 42 septembre, à trois heures... Cette révélation, après trois ans!
Elle va. l'asseoir.
HENRI
Il parait que votre mariage n'a pas été tout à fait un mariage d'amour?
BLANCHE
Tant s'en fauU — un mariage de surprise, voilà tout,
HENRI
Comment cela?
BLANCHE
Ehl sans doute! Ainsi, un beau jour, dans le salon de mon père, on annonce un monsieur qui, me disait-on, se mettait sur les rangs des épouseurs; je me disposais à regarder l'aspirant, lorsque, tout à coup, ses deux grands diables dokquais déposent de*