SCÈNE VII
Les Mêmes, hors LE COMTE; HENRI.
HENRI, courant à Robert *.
Ah î te voilà enfin !
Il le tire à l'écart.
ROBERT, à voix basse.
Eh bien, où en es-tu?
HENRI, avec chagrin.
Eh! je suis moins avancé que jamais; ce qu'elle me témoigne à cette heure, ce n'est pas seulement de l'indifférence, cela ressemble à de la haine.
ROBERT
Alors, c'est un portrait de l'Amour.
HENRI, secouant la tête.
Tiens, ce soir, j'ai saisi les moindres prétextes pour me rapprocher de Marie, et, sous les moindres prétextes aussi, elle m'a évité, elle m'a fui.
ROBERT
Enfin, vous croisiez, comme disent les marins... Va, va, elle aura beau faire, je te l'ai dit : quand les brebis s'en mêleront, et nous les mettrons avec nous... Tu connais l'histoire d'Aristide? Ce qui l'a perdu, c'est qu'on avait trop parlé de sa justice aux Athéniens... Eh bien, moi, je vais parler de la vertu de Marie aux Athéniennes... Tu vas voir **...(s'adressantàDiaoe.) Mais, à propos, comtesse, en vérité, je ne sais où j'avais la tête pour avoir pu
* Diaue et Tiugrey, au fond , Robert, Henri, Blanche et Jules. ** Heurij Diane, Robert, Blauche, Jules; Tingrey, au fond".
oublier de demander des nouvelles de la jeune dame qui vous accompagnait hier, madame Bernier, je crois?
Diane incline la tête.
ROBERT, avec enthousiasme, mais de façon à ne pas être entendu de Blanche qui devise avec Jules.
L'adorable personne!... quelle pureté dans son regard!... que de chasteté sur son front! que de pudeur dans ses moindres gestes ! Ahl l'on doit être bien fier de l'avoir pour sœur, et bien heureux de l'avoir pour femme.
DIANE, avec un mauvais sourire, et se levant. Oh! elle n'a pas volé sa réputation. Elle ne vole que les héritages.
Elle lui tourne le dos, et s'éloigne.
ROBERT, à Henri.
Voilà!... à une autre!