ACTE DEUXIÈME
JULES, à part.
Il me coûte bon !
Marie a fini de quêter, elle remet la bourse à Buzançois. JULES, s'inelinant.
Madame daignera-t-elle... ?
DIANE, vivement *.
Non... madame Bernier est fatiguée... elle ne rentrera pas dans le bal... Ah! j'en suis fâchée, monsieur, mais, en partant, M. le comte me l'a confiée.
BLANCHE, avec intention.
Nous répondons d'elle.
Jules va inviter une autre dame.
MARIE, à part.
Ce bouquet... que faire?...
DIANE, qui l'observe.
Elle hésite; mais ses yeux ne quittent pas la lettre.
MARIE, à part.
Ah ! j'ai trouvé. Ce sera moins cruel ainsi. (Haut.) Mesdames, on a quêté pour les orphelins; maintenant, faisons aussi quelque chose pour les pauvres marins qui dorment dans ces vagues. — Jetons quelques fleurs sur leur tombeau mouvant.
Mouvement.
DIANE, à part.
Je comprends. *
BLANCHE
C'est une idée charmante !
DIANE
Charmante, en effet... Tenez, donnez l'exemple ! Elle a pris le bouquet de Marie et fait la substitution sans être vue. — Marie prend son bouquet, va à la terrasse et le jette à la mer. • Rose, Jules, Diane, Marie, Blanche, Robert, Henri.
HENRI, qui la suivait des yeux avec douleur, — à Robert *. Ah! tu le vois, je n'ai plus d'espoir. ^ROBERT, à part, tandis que les autres femmes vont à la terrasse et imitent
Marie.
Ah çà ! décidément, est-ce qu'il y aurait encore des honnêtes femmes?
DIANE, retirant la lettre du bouquet, — à part. Cette lettre, tu la liras !
Elle la cache dans son sein. L'orchestre se fait entendre, mouvement trèsanimé.
• Diane, Rose, Marie, Blanche, Robert, Henri; Buzançois et Jules, au second plan.