‹ Les Bretons (volume 2)Chapitre 23 sur 88 · AU BORD DE LA MÉDITERRANÉE · texte numérisé non relu

AU BORD DE LA MÉDITERRANÉE

Sur ce lac azuré, délices des étoiles.

Poussés par la vapeur ou poussés par le vent , J'ai vu mille vaisseaux qui cinglaient au Levant : Qu'allaient-elles chercher si loin , ces blanches voiles ? Quel trésor apportait ce rouage savant ?

Hommes pâles du nord , en longeant ces rivages , Regardez leurs temples croules , Leurs îlots chauves ou brûlés ;

De vos rudes aïeux ce sont là les ravages : Vos cœurs ne sont-ils pas troublés ?

Sur ces mers elle a pris naissance Celle qui d'un œil sâr dirige vos vaisseaux ; Science est son grand nom : instruits à ses travaux «

Anglais , et vous , marins de France , Irez-vous de vos duels ensanglanter ses eaux ?

Voyez qiiel soleil pur a doré cette nymphe Plus blonde qu'un rayon de miel !

Épanouis à son beau ciel ,

De vos corps appauvris et froids fondez la lymphe ; Vos âmes , purgez-les de fiel.

O pays de force et de grâce , J*ai pour vous tout l'amour qu'on a pour la beauté , Et pour les sems féconds qui nous ont allaité !

De Brô-hâ£f descendit ma race , Tout Breton se souvient du Pays-de-l'Été *.

En nous l'Elbe saumâtre , et les neiges des pôles

* Oà fut plus tard Balance.

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