LES CORNEMUSES
Un pauvre Italien de Parme ou de Ravenne , Jouant de la piva tristement se promène;
Or, nul pour l'écouter ne s'arrête, et l'enfant De maison en maison toujours s'en va chantant.
Un seul, au premier bruit de l'instrument rustique, Tressaillit (il venait celui-là d'Armorique) :
Ami, prends cet argent et sonne encore un air ! Vous, mes yeux, fermez-vous à ce ciel pur et clair !
Ah ! le corn bond résonne au loin, l'océan fume , Et la fille d'Arvor a passé dans la brume;
Plus légère en passant qu'une biche aux abois , Ou qu^une blanche fée aux cMrières des boi^.*.
Sonne encore, ô ptra. Sonne, instrument sauVdge! Une voix te répond sur utt autre rivage ;
De l'est à roccident, pays, répondez-vous,
L'un si cher à mon cœur, l'autre à mes yeux si doux !
Qu'aujourd'hui ma province en songe m'apparaisse. Là tous mes souvenirs, là toute ma tendresse;
Un jour si le coni'boud chante aux brouillards d'Arvor, Je dirai : levez-vous devant moi, pays d'or !
Et la rouge Sabine et l'Italie entière Éblouiront mes yeut avides de lumière.