‹ Les Bretons (volume 2)Chapitre 56 sur 88 · LE GLADIATEUR · texte numérisé non relu

LE GLADIATEUR

A Edouard Turquety.

Dans Rome «apitale, ûnpératrioe. et reine , Cent nulle spectateurs, l'œil fixé sur l'arène , Y regardaient mourir

Le beau gladiateur qui, couché sur le sable , Étouffait dans sa gorge un râle insaisissable , Sans paraître souffrir.

Car c^était là sa gloire à lui, vaillant athlète , De périr noblement et sans baisser la tête ,

Mais tourné vers les cieux ; Il fallait, pour mieux plaire à son juge terrible , Que ia mort fût décente et que Tinstant horrible

Ne blessât point les yeux.

Ainsi, poètes saints aux deux ailes de flamme , Qui parcourez le monde en répandant votre âme A travers les chemins ,

Quand vous mourez d'exmuis autant que de vieillesse, Au suprême moment levez avec noblesse , Levez au ciel les mains.

A S. MAUTO.

(Koiniialifl^de&Mtitô.)

Ck)mment, bon sftiiH Maldy pauvre évéqoe bfeKm , Une église de Rome a-i^le pm tùsk mam? Ah! àssoA e«tte cité païenne et eathoiique, Quand, fatigué de veitf el d'admker toujours ,

£niin je découvris ton humble basilique , Ah I cirques et forums, colomiades et tours , Comme tout disparut! et, durant quelques jours, Mon pays me revint frais et mélancolique. Malô, l'illusion fidèle me poursuit :

Ton bâton pastoral dans Rome me conduit.

Hier encor j'errais, et maisons, monastères, Théâtres, tout dormait ; le Tibre coulait noir. Et je suivais ses bords lorsque, par ce beau soir , Saint-Pierre m'apparut inondé de lumières ; On avait allumé pour un saint inconnu Cette fête magi^e où seul j'étais venu ; Des milliers de flambeaux (grandeurs toutes romaines !) Éclairaient sans témoins et le dôme et la nuit,

B 161 €g Et sous la colonnade on entendait le bruit Des immenses fontaines :

Éclat du Vatican, luxe pontifical, M'écriai-je, ici-bas vous n'avez point d'égal I Le ciel allume seul une pareille fête Délices de l'Arabe errant dans les déserts ; Immobile et serein, seul, après la tempête , Sur l'Océan plaintif il tient ses yeux ouverte , Pour apaiser la vague et les grands monstres verte ; Malô, de tels flambeaux scintillaient sur ta tête, Quand, guidant ton esquif, un ange aux ailes d'or T'envoyait convertir les païens de l'Arvor î

Patron des voyageurs, les iHs de ton liv^^e^ Venus à ce milieu de FuntTers ohrétâen. Connaîtront désormais ton nom italien £t tu seras un but dans leur pèlerinage. Les plus tendres de cœur à Rome apporteran Quelques fleurs des landiers pour réjouir ton frwl : Mais là-bas, près des mers, sous ta soiabra diapdle, Féte-les au retour^ bon saini, et souris-lem Quand sur ton humble autel il» mettrimt uae fieur De la ville éternelle.

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