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Fraîches illusions, adieu ! La raison pâle, Désormais conduira cet esprit ferme et mâle, Sillonné par la bise et brûlé par le hâle.
Illusions, adieu! mais, sauvage âpreté, Réactions d'un cœur trop longtemps agité. N'étouffez pas en lui Theureuse aménité.
Aux autres il faut croire, il faut croire à soi-même ;
Pour qu'on nous aime, aimer ; aimer sans qu'on nous aime:
Amoureux par nature, amoureux par système.
S'épanouir aux vents d'amour et de beauté, C'est recueillir eh soi l'air frais de la santé : Malheur à qui se clôt dans sa félicité !
Sur la roche escarpée où ta fleur est éclose, Homme heureux, ne sois pas tel que l'aloès rose. Fleur amère où jamais l'abeille ne se pose.
Enfin à notre faîte, et si près de vieillir,
N'allons pas nous corrompre ou nous enorgueillir :
Chair, tu n'as qu'un moment ; esprit, tu peux faillir I
Ah ! que fais-je ? Lassé d'une si longue route, Celui que j'instruisais, à peine, hélas! m'écoute ; Avant d'aller plus loin, moi-même ici je doute.
Pourtant si le passé révélait l'avenir.
Un jour cueillant le fruit de chaque souvenir.
Je dirais sur mon seuil à l'heure de finir :
Aux jeunes je fais place et je sors sans envie. De loin je me complais autahleau de la vie. Puissent-ils suivre mieux la voie où l'on dévie !
Je n'ai plus d'espérance, et j'ai quelques regrets En repassant mes jours trop souvent incomplets... Mais les sentiers sont pleins d'achoppements secrets !
Dans tes prompts jugements, ô jeunesse farouche. Rigoriste jeunesse ! — A ce terme où je touche, Le grand mot d'indulgence est toujours à la bouche.
L'absolu n'est qu*au ciel. Dans notre monde obscur, Tout en cherchant le beau, n'espérons rien de pur. Anges, Dieu vous garda pour ses palais d'azur!
Indulgence et pitié pour toutes les misères, Dévouement entouré de bornes nécessaires ; I.a science nous dit d'allier les contraires.
Le mal rôde, veillez; oui, veillez bien sur vous. Craignez les médisants, leS envieux, les fous, Hailiers où noulk perdons quelque chose de nous.
Mais que votre abord franc exhale un air de fête : Pareil aux anciens dieux dont parle le poète, Laissez chacun rempli d'une force secrète.
Équilibre partout, car la vie est un art.
A mon âge, on le sait, mais on le sait trop tard.
Laisserez-vous tomber ce dire d'un vieillard ?
Mon plus grand mal m'attend : alors, ange docile, O résignation, ouvre-moi ton asile !
Avant tout, évitez le désespoir stérile.
Ce monde a ses grandeurs; l'autre, plus vaste encor, A l'esprit du mourant montre ses splières d'or. Et vers l'Immensité décide son essor.