‹ Les Bretons (volume 2)Chapitre 85 sur 88 · LE CHANT DU CHÊNE · texte numérisé non relu

LE CHANT DU CHÊNE

De feuilles et de glands les branches sont couvertes , Amis, chantons le chêne, honneur des forêts vertes : Malheur à qui détruit ce géant des grands bois ! Bretagne, tu n'étais qu'ombrages autrefois.

Songez aux anciens dieux, songez aux anciens prêtres , Sous les cliénes sacrés sont couchés nos ancêtres. Ouvrez la dure écorce , et vous verrez encor La druidesse blonde et sa faucille d'or.

Arbres toujours sacrés ! chaque nuit sur leurs branches Les morts vont en pleurant sécher leurs toiles blanches, Et les joyeux lutins, autour de leur vieux tronc , Les petits nains velus viennent danser en rond.

Un chêne de cent ans avec son grand feuillage , Un Breton chevelu dans la force de l'âge

Sont deux frères jumeaux, au corps dur et noueux, Deux frères pleins de sève et de vigueur tous deux.

.rai vu dans la Comouaille un chêne dont la tête Arrêtait le vent d'ouest, ce vent que rien n'arrête , Et deux lutteurs de Scaër si fermes sur leurs pieds Que leurs pieds dans la terre étaient comme liés.

Si l'âge fait tomber ce géant de Comouaille , Dans ses immenses flancs qu'un navire se taille : A l'œuvre, charpentiers ; puis, venez, matelots ! T^ roi de la colline est aussi roi des flots.

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Sur le noble cadavre en foule qu'on se rue ! Façonnons des fléaux, des pieux, une charrue; Mais d'abord élevons à l'angle des chemins L'arbre où FËxpiateur laissa clouer ses mains.

Vous mettrez sur ma tombe un chêne, un chêne sombre, Et le rossignol noir y chantera dans l'ombre : « Morgan repose ici le barde aux cheveux blonds , « Celui-là dans son cœur il aimait les Bretons. »

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