Les Bretons
\(^^aX3^ '""" ^''■''^ J'cJf''^ aujourd'hui, plus ras- [^l%!'zy ■mrà', ce fidèle tableau de ses moeurs; >ns cette histoire particulière, peutre aussi l'on découvrira comme un isemble de la vie humaine, ce fonds éternel de toute poésie.
pour
si, bien que consacré à un seul peuple, ce livre lit ailleurs éveiller quelque sympathie.
Faut-il dire que si j'ai exposé les origines de la Bretagne, et sa fin honorable après de longues résistances, puis évoqué ses prêtres, ses bardes et ses rois, de nos jours je devais montrer avant tout ce qui permet aux Bretons de porter encore le nom de leurs pères : les mœurs poétiques qui les font aimer ?
Telles sont d'ailleurs les tendances générales, qu'un
poème entièrement historique serait en tous lieux impossible : non plus que les hauts faits de notre roi Conan, les exploits du roi Clovis ne seront désormais chantés.
Dans ces nouvelles conditions faites à l'art, heureux donc le chantre de mon pays ! Ici, à vrai dire, point d'aventures étranges ni de passions outrées, mais toujours la naïveté et la profondeur du sentiment. Le roman n'est nulle part dans la vie simple et franche du Breton: mais la poésie, elle y est partout.
Quati-e cantons principaux (ceux de Vannes, Tréguier, Léon et Cornouaille), ayant chacun et avec une infinie variété son dialecte, ses costumes et ses usages, sont les lieux oie se déploie cette vie à la fois stotque, enthousiaste et religieuse.
Petit enfant, longtemps en robe, chanter seul dans la lande en gardant les bestiaux; vers dou\e ans, accourir par les chemins creux, d'une lieue et plus, au catéchisme; bientôt fleurir en de fraîches amours au milieu des Pardons, des luttes et des veillées, — amours qui, après la grande épreuve du tirage au sort, se termineront à l'église; — et, dès lors, tout au travail sérieux, élever dans les mêmes mœurs la jeune famille, puis ensevelir les grands parents : voilà les phases invariables, et les mêmes pour tous, de cette existence sévèrement réglée. Un pèlerinage lointain à Sainte-Anne d'Aitray ou à Saint-Jean-du- Doigt, quelque foire célèbre comme celle de Kemper ou de la Martyre, seront les événements notables;
7nais le chaut, les croyances, les traditions merveilleuses sauront bien animer de leurs couleurs riantes ou sombres cette apparente monotonie.
Tel est l'harmonieux ensemble qu'il fallait reproduire dans sa simpliciié variée, afin que, lisant ce récit, on pût dire : » Les choses se passent ainsi en Bretagne; cette histoire doit être vraie, h
Et même à ceux-là qui s'enorgueillissent, mais souffrent, au milieu d'une cii'ilis.ition plus avancée, le calme de ces mœurs primitives, à mon sens, devait sourire; j'y croyais voir un intérêt sincère et durable. Aussi ma crainte était grande de ne pouvoir mener à terme cette douce mais laborieuse entreprise, tant j'avais à cœur d'offrir à ces esprits tourmentés un poème heureux, si l'on peut dire, d'opposer aux pensées troublantes une œuvre qui rassérène.
Ma tâche finie, c'est avec regret que je m'en sépare. La vie de mon peuple, celle de mes personnages était devenue la mienne. Si Dai'cla^, le jeune clerc, son livre sous le bras, allait au pays de Vannes (mélancolique voyage!) se distraire des scrupules religieux de la blonde Jille d'Hoel, j'aimais à le suivre au milieu des pierres druidiques de Carnac, dans les îles saintes du Mor-Bihan, et, au retour, à trouver Anna et sa sœur Hélène plongeant un enfant malade dans Veau bienfaisante de la fontaine. Guidé par le pâle vicaire, j'aimais à suivre le conscrit Lilè-{ et sa pieuse cousine sur les mers sauvages de Cornouaille, à prier avec eux dans les chapelles de Léon, et, avant de clore ce long pèlerinage, à descendre dans ces abîmes,
où, pour soulager les mineurs, soupirent le cor J\Arthur et la voix de la duchesse Anne, Puis, après les gens de la côte, ceux de la montagne et des terres ; les joyeuses fileries, ou des luttes telles que l'antiquité n'en eut pas de plus vigoureuses ; l'agonie du fermier Hoël et le désespoir forcené de sa veuve ; enfin, le tumulte des foires, les combats des réfractaires, et, avec l'intervention des saints (car le merveilleux, ce rêve des poètes, s'offrait ici de lui-même), les fiançailles et les noces du clerc accomplies au chant des cornemuses et des bardes... Oui, tous les événements de cette épopée familière semblaient être autant d'événements qui m'étaient propres ; fêtais entré dans celte vie synthétique ; et. mêlant à ces jouissances réelles les jouissances de l'artiste, j'essayais sur les grèves, par les landes, sous les bois, dans les montagnes, de mouler sur tant de sites et de scènes diverses la forme ondoyante de mon poème, et de faire jaillir un vers sain, loyal, né du sol.
Ce poème, d'un genre franchement rustique, ne semble pas avoir d'antécédent parmi nous : ce serait là un titre, si ce qu'on voudra bien approuver dans cet ouvrage ne revenait au pays qui l'a fait naître. Jamais poète n'eut sous la main plus abondante moisson de poésie.
Cependant, cette moisson, commencée dans le volume de Marie, il fallait la recueillir avant qu'elle fût étouffée sous l'impitoyable niveau des idées modernes, A ceci f ai mis tout mon \èle : dms l'avenir terne et glacé qui les mcn.ice, peut-être les miens sauront-ils
Déjà même, hors de Bretagne, si ce livre se recommande par un fonds général et humain, qui est de tous les temps et de tous les lieux, il pourra, je l'espère, exciter aussi quelque intérêt par cette vie de croyance, de sentiment et d'imagination, ailleurs éteinte et disparue.
C'est que, ramené à son principe, ce poème des ^v&Xon% pourrait s'appeler Ha^n-noma.
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TETlS0^-:Xe4GES.
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Le vieux Moai., curé.
Le ViCAiur. né en I.éon.
Le clerc Loïc Daui.az.
HoEL, fermier au Immeau de Co^U-Lorli.
GuENN-Du, s.i feuiuie.
Le petit Nakxic, leur fils.
LiLEZ, leur neveu, conscrit.
Tal-IIolarm, fermier de Ker-Barz, parr.iin lie Liiez.
RoNAN, l.iboureur, iiéteuteur des biens de Liiez.
Le meunier Ban-Gor. joueur de bomb.irde (hautbois), I entremetteurs
Le Ta.ixe.ir, joueur de biniou (cornemuse), j de mariages.
A..AN, g.irçon di ferme.
Mor-Vkan, marin de Carnac
Non A, sa fille.
Un Vieillard.
Pêcheurs de l'ilc d'Hœdic.
PAYS DE LEOK.
Le Vicaire.
Un Patron de cliasse-marcc.
Habitants de Loc-Maria.
Hervé, tisserand au bourg de Lan-Leff.
Jeanne, sa femme.
La petite Mana, leur fille.
Le Grand-père.
L'aveugle Jean-le-Guenn, chanteur ambulant.
Une Vendeuse de prières.
DousSAL, saunier du pays de Nantes.
Un Gallois.
Pâtres, lutteurs, sonneurs d'? cloches, pilleurs de côtes, mineurs, mendiants, gendarmes, etc.
Druides, chefs de clans, bardes, saints ib Bret.igne, l'Ankou ou la Mort, la Fille-Jaune, lutins, etc.
LES "BT^ETOV^S