ROBERT, FORBAN
ForBan.— Un mot, capitaine ?
CN
ROBERT.— Parle !
ForBan.— Nous avons parmi nous un traître, et c'est à toi qu’il en veut.
RoBERT.— Nomme le
ForBaN.— Rosinsky.— Tu nous quittais à peine que, me promenant à deux pas d'ici, j’entrevois un homme qui, à la faveur des broussailles, semblait épier nos démarches. Son air mystérieux me frappe, je m'approche ; il veut fuir, je l’arrête. Effrayé par mes menaces, il s’avoue chargé d’une lettre pour Rosinsky ; ce nom redouble ma curiosité ; je le questionne, il se trouble, il balbutie, je lui présente un pistolet : à cette vue, il se jette à mes pieds et ajoute que le non de Rosinsky lui paraît un nom supposé ; que des dépêches importantes arrivées dans le jour exigent sa présence au village voisin, où il est attendu par un courrier.—Cette lettre, au surplus, pourra débrouiller l'énigme. ( Z{ lui donne la lettre).
RoBERT, (/a regardunti.—ÆElle est cachetée.
FoRBAN.—Capitaine, songe que ta tête est mise à prix ; ce jeune homme veut la livrer, voilà mon avis.
RoBERT.—[l suffit.—Qu'on m'envoie Rosinsky.— (Forban sort.—Robert met la lettre dans sa poche et se jette accablé au pied d'un arbre.)