LUS BRIGANDS PAR AMOUR
MÉNARP1ER.
Oui. . je comprends !.. pas de milieu avec vous... (a P »rt.) La Bourse ou la vie... (Hnut.) Mais ça ne vous fait donc rien de plonger les mains dans lu sang ? Celle horrible boucherie ne vous impressionne pas ?
BAUDRUClIAIin.
Ah ! c’esl de mon métier qu’il est question?
MÉNAROIER, à part.
11 appelle ça un mélicr !
BAUDRUCIIARD.
Dame, vous savez... c’est une affaire d'habitude...
MÉNARDIER
Vous avez donc commencé bien jeune !
BAUDRUCDARD.
Après la mort de mon père !
MÉNARWER.
Le pauvre homme !.. sM vivait !..
* baudriciiard.
Ah! j'avoue qu’il ne serait pas enchanté de ma profes-sion, il l’avait en horreur !
MÉXARD1ER, à part.
Oui!., c’était la lovauté en personne, lui!.. (Haut.) El... comment procédez- vous?... comment lUez-vou s?., (tl.. couvre le viwge de .es deux main».) Oh ! j’ose lui faire cette question !
BAUDRLCHARP.
Mon Dieu, c’est bien simple!.. J’ai conservé l’ancien svslôme... je me sers rarement du couteau... la massue... un coup sec sur la tête et...
MÉNARDIER
Assez ! c’est épouvantable ! que de tachc9 sanglantes !
BAtDRUCUARD.
Mais non, je vous assuré que je travaille assez proprement!.. Du reste vous serez à même d’en juger un jour ou l’autre!...
mkxardier.
Moi ?.. que le Seigneur m’en préserve ! Et les cris de vos victimes qui vous demandent grâce ne vous tout pas tressaillir ?
BAUDRUCIIARD.
Je ne sais pas si elles demandent grâce ! Je n’ai jamais compris leur langage !..
UÉNARDIER.
Vous en avez... abattu beaucoup?
BAUDRUCHARD.
Je passe ma vie à ça !..
UÉNARDIER.
Assez ! assez !.. C’est horrible... je n’ai plus qu’un mot VOUS dire ! (Lui montrant la porte.) Sortez...
BAUDRUCHARD.
Comment, que je sorte... mais...
UÉNARDIER.
Je vous donne cinq minutes pour évacuer mon domicile, pandour !
baudruchard.
Pandour 1
UÉNARDIER.
C’est la qualification qui vous convient!.. Cinq minutes, entendez-vous!. Toutes les issues sont gardé'-s !... (Montrant une porte è gauche.) Seule cette porte vous livrera [assage!.. Partez! et que je n’entende jamais parler de vous !
Ah ! c’est trop fort !
UÉNARDIER.
Pas une syllable déplus !.. Que la miséricorde céleste vous donne le repentir I
BAUDRUCHARD.
Le repentir 1.. et de quoi diable voulez-vous que je me repente?
UÉNARDIER.
Pas de détours! pas de faux-fuyants ! pas d'emberiificotages!... Cinq minutes!... Jusque-làjc ne vois rien !... je ne veux rien voir ! je n’ai rien vu... On viendrait me dire :« Vous avez donné asile à un assassin, «queje répondrais: * Moi? ici! un assassin !. ..Connais pas ! » Adieu et allez vous faire pendre ailleurs!... (n Ta pour sortir.)
BAUDRUCIIARD.
Ah çà ! mais, je rêve !
UÉNARDIER, revenant.
Une grâce, cependant... Voyez ma lâcheté, je m’abaisse jusqu’à vous demander une grâce... moi... mais c’est dans l’intérét de la science. (Désignant te plâtre.) Cette tête !... cette affreuse télé... la vôtre...
BAUDRUCIIABD.
Vous ôigs bien bon 1 .
MÉNARDIER
Ne m’interrompez pas!... Cette affreuse tête de coquin ne doit pas vous être bien chère ! Vous avez l'original sur vos épouvantables épaules!...
BAUDRUCHARD.
Mais, sacrebleu!... vous m’insultez!...
MÉNARDIER
Je vous rends justice, pan lour !... Eh bien, laissez-la-moi ! Oh ! elle sera en bonne compagnie, allez !... -je la placerai entre Cartouche et Mandrin !... Vous voyez que je sais vous honorer !
BATORÜCnARD.
Vous me faites bien plaisir !...
MÉNARDIER
Vous consentez ?
BAUDRUCHARD, impatienté.
Eh! prenez ma tête, mais expliquez-moi...
MÉNARDIER
Rien !... Je n’ai plus rien à ajouter !... Adieu 1 adieu !
BACDRUCHARD. ,
Mais...
MÉNARDIER, sortant en omportant la têts;
Repentez-vous!... Encore une fois, repentez-vous!
(Il »orl.)