LKS BRIGANDS PAR AMO'R
AMÉNAÏDE
Mourir de ta main, c’est encore du bonheur!...
BAUDRUCHARD.
Mais, sacrebleu !... je ne veux pas vous tuer, moi!
AMÉNAÏDE
Tu n’oses pas! Mon audace te terrasse!... Ah! j’étais bien sûre que lu saurais reconnaître le vrai courage !
Pardon, mademoiselle, mais je suis pressé.
AMÉNAÏDE
Tu ne sortiras pas !... .
BAUDRUCHARD, è part.
Diable ! c'est une folie furieuse, celle-là !
AMÉNAÏDE
Il y aurait lâcheté à toi de fuir ! Un homme de ta trempe, Siraco, ne saurait être un lâche.
• BAUDRUCHARD.
Vous êtes bien bonne; mais pourquoi m’appelez-vous Siraco?
AMÉNAÏDE
Je sais tout !... (Lui tondant la main.) Voilà ma main! BAUDRUCHARD.
Que voulez-vous que j’en fasse ?
AMÉNAÏDE
Fuyons ensemble!... Allons vivre sur la cime de la plus haute montagne!. . Donne-moi une escopelie, un tromblon, un chapeau tyrolien !... Mets ta main dans la mienne et coin- * battons côte à côte I
BAUDRUCHARD.
Combattre !
AMÉNAÏDE
Ah ! je ne suis pas une femme vulgaire, va...
Je le vois bien !
AMÉNAÏDE
Je l'aimais avant de t’avoir jamais vu !...
BAUDRUCHARD.
Vraiment !
AMÉNAÏDE
Tu m’apparaissais beau, grand, noble et généreux ! .. Qu« de fois mon imagination m’a fait assister à ces terribles péripéties où je te voyais arrêlanl les voitures, dépouillant les
voyageurs et te sauvant après ce3 nobles et courageuses actions !
BAUDRUCHARD.
Mon Dieu! cela ne m’est arrivé qu’une fois l’autre jour...
AMÉNAÏDE
Pas de modestie, Siraco 1
BAUDRUCHARD, A part.
Mais pourquoi diable m’appelle-t-olle Siraco ? (a part.) Ab çà ! où voulez-vous en venir, mademoiselle?
AMÉNAÏDE
A le dire ces quatre mots... Je... suis... à... toi...
BAODRUCHARD.
Certes il est flatteur de s’entendre dire de pareilles choses, mais les convenances...
A MENA IDE
Je les brave !...
BAUDRUCHARD.
Cependant...
, AMÉNAÏDE
Nous nous épouserons comme s'épousent les brigands !...
BAUDRUCHARD.
Permettez...
AMÉNAÏDE
Pourquoi faire une distinction ?... Cette manière de procéder me convient !
BAUDRUCHARD.
Mais, sapristi ! elle ne me convient pas, à moi !
AMÉNAÏDE, sévèrement.
Siraco !
BAUDRUCHARD.
Je ne m’appelle pas Siraco, que diable !
AMÉNAÏDE
Tu doutes de moi !... (D’une roix émue. ) Ah ! c’est mal, c’est bien mal ! Nous voilà bien nuus autres femmes 1... on doute de nous, de notre courage, de notre loyauté. Me crois-tu capable de te dénoncer ï
Me dénoncer ?
AMÉNAÏDE
Je laisse ces platitudes à mon frère !... C’est un homme!., mais moi !... (Pr«n*at un poi anar J « u panopii*.} Tiens, prends ce
poignard : si jamais jo te trahis, plongc-le jusqu’à la garde dans le sein de la traîtresse !
BAUDRUCHARD.
Mais, sapristi... de sapristi I je ne pourrai donc pas arriver à comprendre? (a part.) Tâchons de nous en débarrasser...
AMÉHAÏDB.
Eh bien ?
BAUDRUCIIARD, prenant le poignard.
Eh bien, je consens !...
AMÉ.VAÏDE.
Ah ! mon Siraco 1
BAUDRUCIIARD, è part
M’agaee-t-clle avec son Siraco ! (hoüi) Oui je consens!... Allez taire vos préparatifs de départ 1
AMÉNAÏDB.
Ça ne sera pas long... Tu m’attends ici ?...
BAUDRUCHARD.
Calme comme la statue de la Résignation...
ÀUÉNAÏDE.
Songe que j’ai ta parole de brigand 1
BAUDRUCIIARD.
Hein?
AMEN AÏDE .
Et la parole d’un brigand ! c’est sacré.
BAUDRUCHARD.
C’est sacré, oui !
AHÉNAÏDE.
Je reviens, mon Siearo !... Je reviens !...
(Elle part en lui envoyant des baisera.]