ACTE DEUXIÈME
GLORIA-CASSIS, offusque.
Comment, on y va ?
Une des fenêtres de l’auberge s’ouvre et l’on voit paraître sur le -balcon Falsacappa en train de s'habiller. — 11 a déjà l'habit et la cuirasse du capitaine. — A sa vue, tous les Espagnols lèvent le nez en l’air et restent ainsi jusqu’à ce qu’il se retire.
FALSACAPPA.
Mesdames, messieurs, j’ai bien l’honneur... Mais, Dieu me pardonne, est-ce que vous n’êtes pas les personnes qui viennent de la cour de Grenade?
LA PRINCESSE
Mais si... nous sommes ces personnes.
FALSACAPPA.
Ah! c’est très-bien !... c’est très-bien !
GLORIA-CASSIS
Et vous, est-ce que vous êtes, vous, au nombre des personnes que l’on envoie au devant de nous ?
FALSACAPPA .
Mais oui, je suis, moi, le chef des carabiniers du duc de Mantoue. Mais il n’y a pa6 que moi, il y a mes hommes... et puis le baron de... le baron de...
Il cherche le nom qu’il ne sait pet.
GLORIA-CASSIS
Le baron de Campotasso ?
FALSACAPPA.
Oui, et puis des petits pages... vous verrez tout ça tout à l'heure, vous venez, c’est très-convenable... (crient.) Eh! baron de!... (a Gloria-Cassis.) Comment avez-vous dit?
GLORIA-CASSIS
Campotasso!
FALSACAPPA.
Eh! Campotasso! Eh! Campotasso!
Une antre fenêtre s’ouvre au-dessus du Imlcon. — Parait Piétro également en train
de s’hubiller.
PIÉTRO
Campotasso, c’est moi ! Qu’est-ce qu’il y a?
FALSACAPPA.
Voilà les personnes de Grenade !. . .
PIÉTRO
Allons donc!
falsacappa.
Parole d’honneur! avec la Princesse... Voyez tous ces Espagnols !
« PIÉTRO
Est-il possible?... C'est vous, princesse?... Je vous demande pardon... Je finis de m’habiller et je. descends.
FALSACAPPA.
Nous descendons.
CLO RI A-CASSIS
Oui, descendez et dépêchez-vous, car, en vérité, vous me permettrez de vous dire que vous ne tenez pas suffisamment compte de la morgue espagnole !
FALSACAPPA.
Nous descendons, Excellence.
PIÉTRO
Nous descendons, nous descendons.
TOUS DEUX, disparaissant.
La morgue espagnole! la morgue espagnole!
Les deux fenêtres se referment. — Stupeur et indignation des Espagnols qui alors
descendent la scène.
GLOR1 A^CASSIS *, à la princesse.
Je ne voulais rien dire... mais, en vérité... devantde pareils procédés!.. Savez-vous, princesse, pourquoi vous épousez le prince de Mantoue?.. C’est parce que la cour de Mantoue nous devait cinq millions, et que nous ne pouvions pas arriver à nous faire payer.- Alors, nous leur avons proposé une transaction, nous leur avons dit : - Voulez-vous épouser » notre princesse? nous vous ferons grâce de deux millions, » ce sera fa dot... Reste trois millions... Pouvez-vous nous » payer trois millions? » Ils ont répondu : « Pour trois mil- » lions, nous pouvons les payer... amenez la princesse... nous n remettrons les trois millions à la personne qui l’accom- » pagnera. » Et voilà comment vous épousez le prince de Mantoue.
LA PRINCESSE, indigné».
Ah!...
GLORIA-CASSIS
Et c’est à moi, comte de Gloria-Cassis, qu’ils doivent remettre les trois millions... et il faudra qu’ils les donnent!... il faudra qu’ils les donnent!...
LA PRINCESSE
Vous avez entendu, Adolphe?
* Le Préc., Glor., lft Princ., Espagnols à droite. Pages an fond.