SCÈNE VIII
LE CAISSIER, FALSACAPPA.
FALSACAPPA, au caissier, qni est debout A gauche de la table.
A nous deux, maintenant.
Le caissier s’établit sur la table et ouvre son portefeuille. — Falsacappa avance la main. Le caissier lui donne un coup sur les doigts.
FALSACAPPA, tirant un parchemin de sa poche.
Si vous tenez à voir mes titres !
LE CAISSIER, regardant négligemment.
Oh î pour la forme seulement... Très-bien! très-bien! ils sont parfaitement en règle.. .
Alors, ça va aller tout seul.
Il avance la main, le caissier lui donne un coup sur les doigts, puis il tire du fond de son portefeuille un billet de baoatte, et l'agite devant Falsacappa avec complaisance. — Ils se sont assis chacun d’un côté de la table.
LE CAISSIER, à part.
Si c’est un honnête homme, je suis perdu... mais si c’est un malin, avec ce billet...
Il continue à l'agiter.
FALSACAPPA.
Qu’est-ce que c’est que ça !...
LE CAISSIER
Ça. (at«c orgueil.) C’est un billet de mille francs, ça.. FALSACAPPA.
Ah ! très-bien !... il faut encore 2 millions 999 mille francs.
LE CAISSIER
Vous dites qu’il faut encore... attendez... (iieommenr» a «leuW
«prit âroir placé le billet »nr U ttble A portée de Falucapp*. — Voyant que F alla cappi ne le prend paa, il ponsie un peu le billet, puie il »a replonge dans >es calcula. — A la fin, il relére la tète et dit A part avec aurpriee) : Xl n’a pns pris
le billet..
Je vous disais que cela fait encore deux millions. . .
LE CAISSIER
999 mille francs... c’est parfaitement juste, vous vous êtes occupé de finances?...
FALSACAPPA.
Oui, quelquefois... mais si nous parlions des trois millions ?
LE CAISSIER
Vous tenez à en parler?
FALSACAPPA.
Oui.
LE CAISSIER
Parlons-en alors... parler de cela ou parler d’autre chose, cela m’est bien égal à moi... nous disons donc que j’ai trois millions à vous remettre...
FALSACAPPA.
A la bonne heure...
LE CAISSIER
Et vous les porterez à votre gouvernement, ces trois millions ?
FALSACAPPA.
Naturellement.
LE CAISSIER
Et qu’est-ce qu’il vous donnera là-dessus, votre gouvernement?... qu’est-ce qu’il vous donnerai... rien du tout...
Ohl
LE CAISSIER
Non... rien du tout. Ils sont si ingrats, les gouvernements!... ils s’occupent si peu des intérêts des particuliers !