SCÈNE XV11. M
BEAUCANARD, à part.
Comme il promène partout des yeux égarés!
PÉNÉLOPE
Ne perdons pas de temps; la reine ne doit pas attendre ; M. de Belle-Chasse, rendez-moi la clef, que je prenne les broderies.
BELLE-CHASSE
C'est inutile... elles sont prises.
TOUS
Comment?
BELLE-CHASSE
Enlevées pour la deuxième fois, sous mes yeux.
PÉNÉLOPE
Alors, vous connaissez le voleur?
BELLE-CHASSE
Non, mais je vais le connaître.
TOUS
Que veut-il dire?
BELLE-CHASSE
Le voleur, c'est Tune de vous, mesdemoiselles.
MARIE
Pas possible !
BELLE-CHASSE
Oui, le voleur, je répugne à employer le féminin de ce honteux substantif.
PÉNÉLOPE
Expliquez-vous, monsieur.
beaucanard, fièrement.
Expliquez-vous.
BELLE-CHASSE
Ce ne sera pas long... Pendant la nuit noire, j'étais là, en sentinelle avancée; une femme est arrivée droit à ce meuble ; elle l'a ouvert et a enlevé le carton.
l'h.NÉLOPE.
C'est impossible! vous aviez la clef.
MARIE
Elle en avait peut-être une aussi.
PÉNÉLOPE
Silence !
BELLE-CHASSE
Je l'ai saisie par sa robe; elle a résisté, et m'a échappé par des circonstance indépendantes de ma volonté. marie, à part.
Je connais les circonstances.
BELLE-CIlA-
Mais une preuve accablante est restée entremes mains.
TOUS
Une preuve.
marie, à part.
Ah! je n'ai plus mes ciseaux.
belle-chasse.
Et je suis certain de reconnaître la criminelle.
MARIE
Ce n'est pas moi, toujours.
les jeunes filles.
Ni moi, ni moi, ni moi!
BEADCANARD.
Ni moi... (A part.) Que je suis bête !
belle-cuasse.
M"c Pénélope, faitesmettre vosjeunes compagnes sur un seul rang.
(Musique.)
PÉNÉLOPE
Comprenez-vous ?
BEAUCANARD.
J'en suis incapable.