‹ Les Budgets comparés des cent monographies de familles publiées d'après un cadre uniforme dans " les Ouvriers européens " et " les Ouvriers des deux mondes "Chapitre 6 sur 75 · SOURCES DES RECETTES · texte numérisé non relu

SOURCES DES RECETTES

RECETTES

Section I re .

Section I rc .

Propriétés possédées par la famille.

Art. 1 er . — Propriétés immobilières .

Art. 2. — Valeurs mobilières .

Art. 3. — Droit aux allocations des sociétés d'assu -

Art. 1 er . — Devenus des propriétés immobilières. Art. 2. — Revenus des valeurs mobilières.

Art. 3. — Allocations des sociétés d' assurances mu~

Revenus des propriétés.

rances mutuelles .

tuelles.

Section IL

Section II.

Subventions reçues par la famille.

Art. 1 er . — Propriétés reçues en usufruit.

Art. 2. — Droits d'usage sur les propriétés d'autrui. Art. 3. — Allocations d'oljets et de services.

Art. 1 er . — Produits des propriétés reçues en usufruit. Art. 2. — Produits des droits d'usage.

Art. 3. — Objets et services alloués.

Produits des subventions.

~ \ Section IV.

- ÎBénéfices des industries.

Section III.

Salaires.

La colonne de droite, intitulée Recettes, est l'ég^Weration de toutes les recettes en

mille dans le salaire. On néglige ainsi d’autres recettes, souvent très importantes surtout au point de vue de la moralité et de la dignité de la famille, et l’on sacrifie ces autres recettes, avec les, biens qu’elles impliquent, au gain de la femme et de l’enfant qui désertent la maison pour la manufacture. Cette fois encore une erreur d’opinion conduit à une erreur de conduite.

Les divisions adoptées par Le Play pour son budget des recettes démasquent cette erreur, remettent le salaire à sa place et révèlent l’importance des autres ressources aujourd’hui méconnues. Il existe quatre sources de recettes et non pas une seule. Le salaire est une de ces ressources et souvent elle n’est pas la plus forte. Il faut également tenir grand compte des trois autres: les revenus des propriétés , le produit des subventions, et les bénéfices des industries domestiques .

Les subventions ont dans le budget un rôle que les monographies ont mis en relief. Sous ce nom générique, Le Play entend toutes les allocations que le patron attribue à l’ouvrier en dehors du salaire. Elles se différencient du salaire, d’abord parce qu’elles ont un caractère bénévole et facultatif, ensuite et surtout parce qu’elles sont une des formes du « patronage » et sont plutôt proportionnelles aux besoins de la famille qu au résultat du travail. Deux ouvriers, l'un célibataire, l’autre chargé d’enfants, sont égaux devant le salaire, s’ils ont même habileté et même rendement, mais ils sont inégaux devant les subventions qui seront bien plus élevées pour le second. Aussi 1 on allouera

argent et en nature

revenus des propriétés, des pro-

duits des subventions, des salaires et tics— bénéfices des industries, c’est-à-dire des Sources de recettes énumérées en regard dans la colonne de gauche.

Une opinion trop généralement accréditée fait tenir toutes les ressources de la fa-

au père de famille, pour son chauffage gratuit, une quantité de charbon supérieure à celle de son collègue célibataire; son logement sera plus spacieux; les secours médicaux et pharmaceutiques, s’adressant à tous les siens et non pas seulement à sa personne, seront plus abondants et partant plus onéreux. De même pour les frais d’école, de crèche, etc. En un mot, dans les subventions, le patron cherche à atteindre directement les besoins et donne davantage à celui dont les charges de famille sont plus lourdes. Le salaire relève du principe économique; la subvention, du principe familial. Aussi a-t-elle une vertu toute spéciale d’apaisement, là où elle est pratiquée avec tact. Elle distingue, sous l’homme, le père de famille et elle échappe à la loi sèche de l’offre et de la demande qui régit le salaire. Elle produit en outre les résultats les plus bienfaisants sur les familles ouvrières, en les soustrayant pour la satisfaction de certains besoins aux suites de leur imprévoyance: alors même que l’ouvrier est intempérant et prodigue, sa famille n’en sera pas moins chauffée, logée, soignée, si elle jouit du chauffage, du logement et des secours médicaux, à titre de subvention.

Ce genre de subsides était autrefois très répandu dans les campagnes sous la forme de pacage, glanage, affouage et autres droits communaux ou féodaux; ils intervenaient heureusement dans le budget des pauvres familles pour en assurer l’ équilibre. Aussi leur limitation graduelle a-t-elle compensé sur beaucoup de points les progrès dont aiment à se targuer les avocats du présent et de l’avenir, laudatores temporis futur i (1).

En matière industrielle, au contraire, les subventions se propagent et sont en plein épanouissement. Patrons et ouvriers en ont ressenti les bons effets domestiques et sociaux. Les premiers s’ingénient donc à en multiplier et à en varier les formes, de façon à aider l’ouvrier à satisfaire les besoins de sa famille et à s’abriter contre les coups du sort. Il était dès lors nécessaire aussi bien pour les familles rurales que pour celles qui vivent de l’industrie d’ouvrir dans le budget des recettes un article spécial aux produits des subventions.

Il ne l’était pas moins d’en ouvrir un autre aux industries domestiques . Ces industries sont aussi variées qu’intéressantes et l’observation, même la plus superficielle, suffit à montrer leurs inappréciables avantages pour le ménage qui les exerce.

Elles donnent leur maximum d’effet quand le chef de famille unit les travaux agricoles aux travaux manufacturiers, et conjure ainsi par cette heureuse alliance les chances du chômage de l’atelier. Mais, même en étant surtout ouvrier industriel, le père peut encore dans ses moments de loisir cultiver un champ ou un jardin; la mère de famille assistée des vieillards et des jeunes enfants, peut élever des animaux (porcs, veaux, poules, abeilles) ou se livrer a quelque travail léger, comme la confection des dentelles, des gants, d’objets en vannerie..., qui, sans l’enlever au foyer et tout en lui permettant d’entretenir le linge, le mobilier et de préparer le repas, procurent au ménage un gain appréciable. Comme l’a fait excellemment remarquer M. Jules Simon, c’est pour avoir méconnu ces bienfaits directs et indirects de la présence de la femme

(1) Voir dans V Histoire, de la propriété et de ses évolutions primitives, par M. de Laveleye, le chapitre consacré aux allmenden suisses.

au logis et les périls de son absence que Ton a trop vite conclu à la nécessité de son salaire industriel (1).

Quant au procédé du calcul des divers articles du budget des recettes, il n’offre pas de difficultés spéciales.

Les Revenus des propriétés se calculent d’après le taux moyen du revenu que produisent, dans la localité, les valeurs mobilières ou immobilières engagées dans les opérations de l’agriculture ou de l’industrie; on contrôle cette évaluation en s’assurant qu’elle concorde avec celles qui entrent dans les balances établies, pour chaque industrie, dans les comptes annexés.

Les Produits des subventions s’obtiennent directement en ce qui concerne les propriétés reçues en usufruit et les objets ou services alloués. Quant aux droits d’usage, la valeur en est déterminée à l’aide des comptes annexés.

Les Salaires sont connus immédiatement pour les travaux exécutés au compte d’un patron. Mais leur détermination implique moins de certitude pour les travaux secondaires entrepris au compte de la famille, lorsque des travaux identiques ne sont pas dans la localité l’objet d’une rétribution spéciale. Elle s’opère alors d’une façon approximative et par analogie; mais les erreurs qu’on viendrait à commettre n’auraient d’autre conséquence que d’altérer, dans une proportion peu importante, la valeur relative qui devrait être attribuée aux totaux partiels des quatre subdivisions du budget des recettes.

Les Bénéfices des industries entreprises par la famille sont établis dans les comptes annexés, qui fournissent le détail des calculs.

Le Budget des dépenses comprend cinq sections, qui correspondent aux principaux besoins matériels et moraux de la famille. Cette division est rationnelle et l’on y retrouve l’organisateur des expositions universelles de 1855, 1862 et 1867 (2) qui ont dû en partie leur succès à une classification méthodique, basée elle aussi sur la hiérarchie des besoins humains.

Ces sections sont elles-mêmes subdivisées en articles et en alinéas, ainsi que l’indique le tableau suivant:

(1) Journal des Économistes , du 15 avril 1885. Compte-rendu de la discussion de la Société d'Eco-

nomie politique, du 5 avril 1885, sur le travail de la femme. 1C7Q ,

(2) Cette classification a été reproduite presque sans changement pour les expositions de 18 ,

de 1889.

Budget des dépenses de l’année.

désignation des dépenses.

Section I re .

Dépenses concernant la nourriture.

Art. 1 er . — Aliments consommés dans le ménage.

Céréales.

Corps gras.

Laitages et œufs.

Viandes et poissons.

Légumes et fruits.

Condiments et stimulants.

Boissons fermentées.

Art. 2, — Aliments préparés et consommés hors du ménage.

Section II.

Dépenses concernant V habitation.

Logement.

Mobilier.

Chauffage.’

Éclairage.

Section III.

Dépenses concernant les vêtements.

Section IV.

Dépenses concernant les besoins moraux, les récréations et le service de santé.

(Culte. — Instruction des enfants. — Secours, aumônes, etc.\

Section V.

Dépensas concernant les industries, les dettes, les impôts et les assurances.

Épargne de l’année.

Comme le budget des recettes, celui des dépenses distingue les éléments en nature et en argent. Ces deux budgets se contrôlent ainsi l’un l’autre. Il doit y avoir, en effet, balance exacte entre les totaux généraux et les totaux partiels de chaque budg t: d’une part, pour les objets reçus et consommés en nature; d’autre part, pour les recettes et les dépenses en argent, sauf l’épargne réalisée ou la dette contractée.

Comptes annexés aux budgets. — Les comptes annexés renferment les calculs compliqués, les balances numériques partielles qui ne pourraient figurer aux budgets sans y introduire de la confusion, ou, du moins, sans atténuer le relief qu’il est nécessaire de donner aux faits principaux. En même temps qu’ils renferment des détails caractéristiques, ces comptes sont, pour le lecteur, une garantie de l’exactitude des recherches. Ils se subdivisent en trois catégories:

Les Comptes des bénéfices , résultant des industries entreprises par la famille , établissent, pour chacune de ces industries: — 1° les recettes provenant: des produits de toute nature vendus ou conservés pour la consommation du ménage, du travail des animaux, et, s’il y a lieu, de la plus-value acquise par les immeubles du fait même de l’exploitation; — 2° les dépenses provenant: des matières premières achetées ou procurées par les industries, des subventions utilisées, de la main-d’œuvre fournie par

les membres de la famille ou par des ouvriers auxiliaires, du travail des animaux domestiques ou des animaux loués, de l’entretien du matériel et des immeubles employés pour l'exploitation et de l’amortissement de la valeur des animaux, enfin de l’intérêt des valeurs mobilières ou immobilières (outils, animaux, domestiques, immeubles ruraux) engagées dans l’industrie. La différence entre les recettes et les dépenses représente le bénéfice total des industries.

Les Comptes relatifs aux suboentions — inutiles pour les allocations patronales dont le calcul est simple et s’inscrit immédiatement au Budget des recettes — servent ordinairement à évaluer les produits des droits d’usage, dont le bénéfice s’achète au prix d’un certain travail. Une telle évaluation s’obtient par différence, en calculant: 1° la valeur des produits récoltés; 2° la valeur du travail de la famille et des animaux domestiques, de l’ entretien et de l’intérêt des outils employés à cette récolte (1).

Les Comptes divers concernent principalement les dépenses faites dans le ménage, et en particulier la dépense annuelle en vêtements. Pour déterminer cet article, il suffît de diviser le prix d’achat de chaque vêtement par sa durée. On complète les résultats ainsi obtenus par un nouveau compte indiquant la dépense annuelle en matières premières et en main-d’œuvre pour l’entretien des vêtements de la famille. Quand une partie des vêtements est reçue par subvention ou confectionnée dans le ménage avec des étoffes achetées, on inscrit dans deux colonnes distinctes la dépense annuelle en argent et la dépense en nature occasionnée par l’usure progressive des vêtements donnés ou par la main-d’œuvre employée à la confection ou à 1 entretien.

Tel est le budget de la famille (2). Nous rejetons au paragraphe suivant quelquesunes des réflexions complémentaires qu’il appelle et nous complétons l’exposé du cadre monographique par quelques détails sur les parties qui précèdent et accompagnent le budget."

Nous avons dit que la monographie s’ouvrait sur des observations préliminaires . Elles se composent de 13 paragraphes, répartis en quatre chapitres, savoir:

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