SCÈNE III I* LAFLEURETÏE, M'"« BONNENVILLE
MADEMOISELLE LAFLEURETTE.
Ce troupeau-là n'est pas facile à mener. Heureuseent qu'il se renouvelle chaque jour. Ah ! Voici adame Bonnenville.
MADAME BONNEXVILLE.
Bonjour M"*" Lafleurette. Avons-nous du monde aujourd'hui?
MADEMOISELLE LAFLEURETTE.
Mais pas mal ; oui pas mal, la salle à côté est pleine.
MADAME nOXXEX VILLE.
Et des lettres?
MADEMOISELLE LAFLEURETTE.
Pas mal aussi. Voici le courrier.
[Elle lui donne des lettres.)
MADAME BONNENVILLE.
Voyons : {Elle décacheté les lettres et lit) « Madame,
je voudrais dans les prix de 25 à 30 francs une bonne
à tout faire qui sache faire une bonne cuisine bour-
j^eoise, faire la lessive, repasser, coudre, frotter,
oigner une basse-cour ; j'ai aussi deux chiens et un
'crroquet. Je passerai chez vous dans la journée. »
Tout ça pour 25 francs ! Je plains la malheureuse!
Voyons cette autre (lisant) : « Madame, pouvez-
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vous me procurer une fille de campagne robuste, pour soigner un cheval, je viens de renvoyer mon palefrenier qui ne faisait plus mon affaire. La fille, en même temps, ferait la lessive, repasserait, cirerait les appartements, ferait les lits, laveraitla vaisselle et servirait à table. Comme elle n'aurait pas de cuisine à faire, — c'est moi qui m'en occupe, — je lui donnerai 15 francs par mois le premier mois et si j'en étais contente j'ajouterais 5 francs pour les autres mois : Je passerai chez vous. » Eh bien, celle là reviendr.'i plus d'une fois ici avant d'en trouver une, dans ces conditions.
Voyons maintenant cette autre lettre: « Madame, la bonne aue vous m'avez envoyée ne peut pas me convenir, aès que j'ai le dos tourné elle vient dans mon salon et joue du piano, c'est à n'y pas tenir, je vous avais demandé une cuisinière et vous m'avez envoyé une élève du conservatoire. Je vous serais obligée de me choisir une autre fille qui ait plus de goût pour les sauces que pour la musique. » On pourra trouver cela facilement! Quelle heure est-il. M"'^ Lafleurette ?
MADEMOISELLE LAFLEURETTE.
Deux heures viennent de sonner, nos clientes vont arriver, ion sonne) justement en voici une.
MADAME BONNENViLLE, s'assei/aut à soH buiBau . Allez la recevoir.
(J/"*" Lafleurette va ouvrir la porte du fowL
RCENE TV Les Mêmes, M"- LAMLK i ' "
MADEMOISELLE LAFLEURETTE, annonçant.
Madamo Lnmortiimf.
Le Bureau de Placement 179
MADAME BONNENVILLE.
Bonjour Madame.
MADAME LAMERTUME.
Houjour ! Vous avez reçu ma lettre ?
MADAME BONNENVILLE.
Oui Madame, vous demandiez, je crois...
MADAME LAMERTUME.
Une bonne à tout faire, dans les prix de 25 à 30
francs.
MADAME BONNENVILLE.
Oui. oui, mais c'est bien peu.
MADAME LAMERTUME.
Comment ! c'est peu ! Mais je n'ai jamais payé plus et j'ai toujours été bien servie.
MADAME BONNENVILLE.
Je n'en doute pas, mais les bonnes ne veulent plus se placer à ce prix-là.
MADAME LAMERTUME.
J'irais encore jusqu'à 35, mais pas plus.
MADAME BONNENVILLE.
Je ne sais pas si vous vous arrangerez, je vais toujours vous faire venir une fille, dont je vous garantis l'honnêteté.
MADAME LAMERTUME.
C'est déjà quelque chose.
MADAME BONNENVILLE.
Mademoiselle Lafleurette, faites venir Françoise.
MADEMOISELLE LAFLEURETTE.
Bien Madame. — (Elle entre à gauche).
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