‹ Les Burgraves trilogieChapitre 34 sur 49 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

OTBERT, RtfGINA , HATTO, MAGNUS, GORLOIS. Les birgraves, i.ks prisces GIANNlLARO. Soldats. Puis le MENDIANT. Puis JOB.

hatto , à Otbert.

Tu crois ?

Ciel! Hatlo!

RÉG1ÎU.

hatto. aux archers.

Saisissez cel homme el celle femme.

otbebt, tirant son épée et arrêtant du geste les soldats .

Marquis Hatto , je sais que tu n'es qu’un infâme.

Je le sais traître, impie, abominable et bas.

Je veux savoir aussi si l’on ne trouve pas Au fond de ton cœur vil , cloaque d’immondices,

La peur, fange et limon que déposent les vices.

Je soupçonne, entre nous, que tu n’es qu’un poltron ; Et que tous ces seigneurs, — meilleursque toi, baron! — Quand j’aurai secoué ton faux semblant d'audace. Vont \oir ta lâcheté te monter à la face!

Je représente ici , par son choix souverain ,

Région, lille noble et comtesse du Rhin.

LES BincnAvi.s.

— no —

Prince, elle te refuse, et c’est moi qu’elle épouse. Halto, je te déGe, à pied, sur la pelouse Auprès de la Wisper, à trois milles d’ici,

A toute arme , en champ clos , sans délai, sans merci, Sans quartier, réservés d’armet et de bavière,

A face découverte, au bord de la rivière ;

Et l’on y jettera le vaincu. Tue ou meurs.

Régina tombe évanouie. Ses femmes l'emportent. Oibert barre le passage au* archers, qui veulent s’approcher.

Que nul ne fasse un pas ! je parle à^es seigneurs.

Aux princes.

Écoutez tous , marquis venus dans la montagne ,

Duc Gerhard , sir Uther, pendragon de Bretagne, Burgrave Darius, burgrave Cadwalla,

Je soufflette à vos yeux ce baron que voilà ;

Et j’invoque céans, pour châtier ses hontes,

Le droit desfrancsarchers par-devant les francs-comtes!

H jette son gant au visage de Halto. — Entre le Mendiant, confondu dans la foule des assistants.

HATTO

Je t’ai laissé parler !

Bas à Zoaglio Giannilaro , qui est près de lui dans la foule des seigneurs. • 4

Dieu sait, Giannilaro,

Que mon épée en tremble encor dans le fourreau !

A Olbert.

Maintenant, je te dis : Qui donc es-tu, mon brave? Parle, es-tu fils de roi, duc souverain, margrave,

Pour m’oser délier? Dis ton nom seulement.

Le sais-tu ? Tu te dis l’archer Otbert.

Aux seigneurs.

Il ment.

A Otbert.

Tu mens. Ton nom n’est pas Otbert. Je vais te dire D’où tu viens, d’où tu sors, ce que tu vaux ! — Messire, Ton nom est Yorghi Spadaceli. Tu n’es Pas même gentilhomme. Allons ! je te connais.

Ton aïeul était Corse et ta mère était Slave.

Tu n’es qu'un vil faussaire , esclave et fils d’esclave. Arrière !

Aux assistants.

Il est, seigneurs, des princes parmi vous.

S’ils prennent son parti , je les accepte tous ,

Pied contre pied, partout, ici, dans l’avenue,

Deux poignards dans les mains, et la poitrine nue !

A Otbert.

Mais toi, vil brigand corse, échappé des makis.

Il pousse du pied le gant d'Olberl.

Jette aux valets ton gant !

OTBF.HT.

Misérable !

le mexdutt , faisant un pas, à llatto.

Marquis!

J’ai quatre-vingt-douze ans, mais je te tiendrai tète. — Une épée !

Il jette sou bâton et prend l’épée de l’une des panoplies suspendues au mur.

battu , é-latanl de rire.

Un bouffon manquait à cette fêle.

Le voici, messeigneurs. D’oil sort ce compagnon ? Nous tombons du bohème au mendiant.

Au mendiant.

Ton nom ?

LE MENDIANT

Frédéric deSouabe, empereur d’Allemagne.

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