SCÈNE VII
JOB, au mendiant.
Vous a-t-on dit qu'il est l'asile de tout brave,
Qu'il fait du riche un pauvre et du maître un esclave,
Rançonne les couvents, rançonne les cités,
Prend leurs duchés aux ducs, aux comtes leurs comtés,
Et qu'au milieu du choc des princes et des villes,
Des troubles de l'Europe et des luttes civiles,
Aux yeux de l'Allemagne en proie à mille assauts,
Comme si, par-dessus rois, seigneurs et vassaux,
Terrible, il déployait la robe de la haine,
Il expose au sommet de sa tour souveraine
Un grand drapeau de deuil, formidable haillon
Que la tempête tord dans un noir tourbillon?
Ni le sort, ni le roi, ni l'empereur, ni Rome, Ni la force de Dieu, ni la force de l'homme, Rien n'a fléchi, rien n'a ployé, rien n'a dompté Ce vieux titan du Rhin, Job rExcommuniél