‹ Les buveurs d'eau (volume 2)Chapitre 32 sur 42 · A PARIS · texte numérisé non relu

A PARIS

Vendredi» 26 juin.

Monsiear, je vous écris aujourd'hui la téke libre et le cœur soulagé. Je suis à jamais dispensé de vous donner ce nom d ami qui sonnait si faux à mon oreille. J'ai sous les yeux la preuve écrite d'une de vos trahisons. Vous me croyez faible et lâche. Vous avez bien raison, car pendant dix ans j'ai pressé sans rougir votre main dans la mienne, et j'ai fastueusement étalé devant tout Paris ma complicité dans vos attentats quotidiens contre l'honnêteté et la candeur des belles âmes que le sort nous jetait en proie.

Aujourd'hui, tout est fini. Je vous renie et je

!2â8 LA RÉSURRECTION DE LAZARE.

VOUS méprise. Vous avez tenté de m'arracher Marie, un ange sur qui le ciel fait retomber bien cruellement le poids de mes fautes. Mais je suis mattre encore de ce trésor, ceci soit dit pour modérer un peu votre joie de triomphateur. Mais vous afQrmezque Lazare aime Marie d'Alton ; vous en en offrez la preuve à Louisa. Oh! vous voyez que je suis bien instruit I

Eh bien! c'est moi qui Texige, cette preuve! Il me la faut ! Et demain, soit que vous ayez impudemment menti, soit que vous ayez dit vrai^ nous nous battrons. Vos armes seront les miennes. C'est un duel à mort qu'il me faut. Je suis offensé ; mais je n'use de mes droits que pour choisir le lieu du combat. Ce sera le bois de Verrières. Vous m y trouverez demain à dix heures. M. le comte Emile de la Serjonnière et M. d'Irun-Alcarvos seront mes témoins. J'accepte les vôtres, quels qu'ils soient.

Je vous adjure de venir à ce rendez-vous. Au nom du ciel, soyez exact, Séraphin. Je vous pardonne tout, si je puis vous tuer.

Comte Ant. dk SYLVERS.

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