LOUISA A BLANCHE LEJEUNE
Malle, !«' décembre 18i0.
Chère ange,
Théodore est un homme infâme sur lequel je m'étais indignement trompée. Nous sommes séparés pour jamais, et je n'ai plus d'espoir que dans ton amitié.
Ma lettre me précédera à peine de quelques jours et je descendrai chez toi, bien entendu.
0 ma petite chérie I vois tout de suite M. Gallois et tâche de renouer pour moi un engagement
au Cirque. Je vois chaque nuit en rêve le spectre horrible de la Faim I Ta
LOUISA
P. -S. — Je voyage avec Séraphin que le vapeur déposera à Livourne. Un petit effendi, qui m'a prise sous sa protection, m'a dit en confidence que ce Français était attaché à la police secrète de M. Metternich.
Il n'y a qu'une chose qui puisse consoler cette pauvre M"' de Sylvers d'avoir épousé Séraphin :
Elle va être mère I