Voies romaines, p. H r
Il est assez naturel que Denis n’ait pas donné une copie exacte du texte de ce cachet. Nous avons vu plus haut que, lorsqu’il se rendit à Nasium, à la nouvelle de la découverte, « il ne put obtenir que la description d’une et la possession d’une seconde de ces tablettes^. ï> Cette tablette, la seule indiquée par Denis sans nom de propriétaire, est celle dont il obtint la description, et cela est d’autant plus probable que, dans un passage que nous avons déjà cité, il la désigne ainsi : Celle de ces pierres qu'un curieux a observée"^. Ce curieux lui en donna une copie plus ou moins exacte, où les prétendus points sont, sans aucun doute, des traces de lettres effacées. Dans l’impossibilité de se procurer une empreinte de cette pierre, dont la trace est perdue, on peut, tout au moins, conjecturer un texte plus conforme à la rédaction habituelle de ce genre d’inscriptions :
Texte de Denis^,
GER • VAL- AVG QVIR- OPP(--- f
1. Nasium A, p. 20 r»; Nasium B, ch. iii, 2. Voy. plus haut, p. 21.
2. Le Narrateur du 8 octobre 1807, t. VI, p. 208. Voy. plus haut, p. 23.
3. Sur une feuille volante recueillie par M. Maxe-Werly, et collée par lui au fol. 20 de Nasium A, Denis donne cette lecture de la B® ligne : G*E-R”'VAL*AVG. La lecture que
Texte proposé,
G* ER* * VALmAN G O.VIR* OPOR ad lippT
G{aii) Et.., Valerian{i) eol(lyrium) vir{ide) opob{alsamatum) ad lippit{udinem) .
On voit que, en corrigeant quelques erreurs de lecture, erreurs dans lesquelles devait facilement tomber un lecteur peu familiarisé avec les monuments antiques, il est possible de présenter 'une conjecture acceptable. La prétendue croix qui termine le texte n’est autre chose qu’un I et un T liés. En parlant d’une autre inscription également gravée sur un cachet de Naix et se terminant ainsi :
**** AD OMN* LIPPTi
Denis sépare le monogramme T du reste de l’inscription et y voit encore une croix qui fait beaucoup travailler son imagination^.
nous donnons est celle que Denis a définitivement adoptée dans ses trois manuscrits et dans le dernier travail où il a publié le texte de ce cachet : Dissertation sur un monument antique (1841).
1. Voy. Le Narrateur du 23 mars 1808, t. VII, p. 193, et notre n® II.