‹ Les cachets de NasiumChapitre 5 sur 25 · Recueil de monuments antiques, t. II, p · texte numérisé non relu

Recueil de monuments antiques, t. II, p

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Grivaiid de la Vincelle, qui cite le journal de la Meuse, ne lui a pas emprunté les renseignements contenus dans le passage que je viens de reproduire, car ils ne se trouvent pas dans ce recueil ; ce n’est pas non plus le mémoire publié par Dulaure dans le tome IV de l’Académie celtique qui les lui a fournis; Dulaure ne parle que de deux des cachets de Nasium communiqués à notre Société par M. Denis, en 1808, et semble ignorer que la découverte avait été plus considérable ; en outre, il se trompe d’une année sur la date de cette découverte, qu’il recule de 1807 à 1808^.

Le témoignage de Grivaud n’est cependant pas direct ; il tenait ses renseignements d’un correspondant, probablement du baron Marchand, maire de Metz, de qui il avait reçu les trois cachets publiés dans son Recueil d' antiquités ; le baron Marchand lui-même, qui habitait Metz, n’était pas un témoin oculaire. Il en résulte que nous ne devons attacher qu’une importance relative aux renseignements fournis par Grivaud de la Vincelle,

1. « Le 19 septembre 1808, M. Barthélemy, propriétaire, y recueillit, dans une fouille, deux petites pierres chargées d’inscriptions. Ce sont celles dont le rédacteur du journal de la Meuse vous a. Messieurs, adressé la figure et la description » (Dulaure, loc. cit.). — Dans une note additionnelle, il complète le renseignement : « De nouvelles tablettes, semblables à celles dont je viens de parler, ainsi que plusieurs antiquités précieuses, des bijoux, des colliers d’or, des médailles nombreuses, ont été découvertes dans le même lieu » [Ibid., p. 112).

tant sur le nombre des cachets découverts que sur les circonstances de la découverte.

Plusieurs des détails donnés par Grivaud de la Vincelle sont d’ailleurs d’une inexactitude manifeste. La voûte qu’enfoncèrent « des chevaux en labourant la terre » appartenait à un aqueduc; cet accident n’a aucun rapport avec la découverte des cachets et n’eut pas lieu au même endroit ; sous la voûte effondrée , on ne trouva pas autre chose que les traces du dépôt laissé par l’eau au fond de l’aqueduc L Enfin, fait ignoré par Grivaud de la Vincelle, qui dit qu’on ne trouva rien autre que les tablettes placées les unes sur les autres, les cachets furent mis au jour au milieu de débris de poterie très nombreux. Le témoignage de Denis ne laisse subsister aucun doute sur ce point

Denis, journaliste et imprimeur à Gommercy, qui, pendant la première partie de ce siècle, s’occupa avec tant de zèle des antiquités de sa région, était en mesure d’être mieux informé. On relève dans ses écrits imprimés ou inédits des détails plus précis.

C’est le 1 9 septembre 1 807 que les cachets

1. Je tiens ces renseignements de M. Maxe-Werly qui se souvient de les avoir lus sur une note de Denis, aujourd’hui égarée, et qui les a d’ailleurs recueillis lui-même de témoins oculaires.

2. Cf. plus loin, no IV, p. 349 et note 2, les textes de Denis {Narrateur, t. VII, 1808, p. 194 ; Nasium A, fol. 20 v®; Nasium B, ch. m, 2).

furent mis au jour; voici ce qu’en écrit Denis à la date du 7 octobre suivant :

c( On a trouvé, depuis quelque temps, dans les « ruines de Nasium, ancienne ville et l’une des « principales du pays des Leucois, à peu de dis- « tance de Ligny, plusieurs pierres dures, polies et « luisantes, d’un gris cendré, de deux centimètres « et demi (neuf à dix lignes) d’épaisseur sur autant « de largeur, ayant quatorze centimètres (près de « cinq pouces) de longueur, dont les angles sont « coupés, ce qui forme un octogone oblong. Sur c( chacune de ces pierres se trouvent des inscrip- « lions allant de droite à gauche en lettres retour- « nées et très bien conservées ^ . »

Il est évident, d’après ce texte, que Denis, lorsqu’il l’écrivit, n’avait pas vu les cachets. Nous verrons en effet plus loin que, aussitôt informé, il était allé à Naix, mais que d’autres amateurs l’avaient devancé. Il ne put tout d’abord recueillir autre chose que des informations souvent inexactes . On lui dit que les cachets avaient quatorze centimètres de long; or, ni à Naix ni ailleurs on n’a trouvé de cachets de si grandes dimensions ; le plus long, celui de Reginus, provenant d’Allériot (Saône-et-Loire), n’a que 84 millimètres. Denis crut aussi que les cachets de Naix formaient des

l. Le Narrateur, journal du département de la Meuse, du 7 octobre 1807, t. VI, p. 208. Gf. Narrateur, du 4 février 1808, t. VII, p. 83.

octogones oblongs, leurs angles ayant été coupés ; on s’explique facilement l’erreur de Denis quand on sait que les arêtes d’un bon nombre de cachets, de plusieurs cachets de Naix, entre autres, ont été rabattues de façon à tailler les bords én biseau. C’est ce renseignement, donné à Denis dans des termes sans doute impropres, qui lui fît croire à cette forme octogonale, grâce à la confusion des mots arêtes et angles C

Déçu dans son espoir de devenir acquéreur des monuments récemment mis au jour, Denis chercha à se procurer des copies de leurs inscriptions, et voici ce qu’il écrivait quelques mois après dans le numéro de son journal du 4 février 1808 :

« En attendant les inscriptions de ce genre qu’a « bien voulu nous promettre M. le maire de la ville « de Metz,... nous offrirons l’empreinte de deux « pierres que nous devons à M. Barthélemy, pro- « priétaire à Celles, près Langres. Ces pierres ont « été recueillies à Nasium, dans une fouille, le cc 19 septembre dernier^. »

Quelques semaines plus tard, Denis avait eu la bonne fortune de devenir possesseur de l’un des cachets et en envoyait la copie à Dulaure :

1. On. connaît cependant un cachet, trouvé à Bavay, auquel on a donné, en coupant deux de ses angles, une forme hexagonale. Cf. E. Desjardins, Monuments épigraphiques de Bavay, pl. VI, 1.

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