‹ Les cafés artistiques et littéraires de ParisChapitre 15 sur 60 · DU PONT-ROYAL · texte numérisé non relu

DU PONT-ROYAL

Nous avons parlé précédemment d'un établissement situé au carrefour Buci, à l'extrémité de la rue Mazarine,ayant pour enseigne, café d Orsay. La cause qui a fait donner ce nom a ce café a été expliquée, nous n'avons donc plus à revenir sur cette appellation qui semble bizarre à ceux qui ne sont point au courant des tribulations d'un limonadier à la recherche d'une enseigne qui attire l'attention,

L'ancien, le grand café d'Orsay occupe une partie de l'immeuble au coin de la rue du Bac et du quai d'Orsay. Autrefois, cette en»

coignure était un dépôt de bois, la berge descendait jusqu'au fleuve où Ton débarquait les produit des forêts du Morvan qui étaient entassés en piles plus ou moins régulières mais livrées à la consommation. En 1708, le prévôt des marchands, Boucher d'Orsay, fît commencer la partie du quai près du Pont- Royal et lui laissa son nom. Bientôt le quartier se peupla, les chantiers de bois, transportés du côté de Grenelle, furent remplacés par de belles constructions.

Le café d'Orsay a toujours été fréquenté par un public distingué, excepté pendant la Commune, où ceux qui préparaient la ruine de Paris se rendaient pour boire, manger et préparer leurs plans. En face, à l'autre extrémité du Pont-Royal, s'élevaient les Tuileries, résidence des souverains, dont on voit encore les murs rongés par le pétrole ; à côté l'hôtel de la Caisse des dépôts et consignations, brûlé également, mais reconstruit ; une caserne de cavalerie ; le vaste palais du Conseil d'Etat et de la Cour des comptes, incendié aussi et non rebâti ; le palais de la

Le Café d'Orsay 93

Légion d'honneur où l'ignare personnage Eudes, qui s'était improvisé général communard, avait établi son état-major.

Cette bande de chenapans se livrait aux fantaisies les plus bestiales. Un document signé donne une idée de ce qui se passait à la Légion d'honneur. Ce document, adressé à la maîtresse d'un établissement de tolérance, était ainsi conçu :

« Ordre à la citoyenne N... 1, de mettre à la disposition du commandant du palais de la Légion d'honneur huit femmes pour le service de Tétat-major.

» Signé, » Général Eudes. »

Puis le cachet de la Commune pour donner plus de garantie à Tordre écrit du brillant général. Naturellement, nous négligeons les petits détails intimes sur l'état sanitaire de ces odalisques du Champ-de-Mars. Cela prouve jusqu'à l'évidence que le grand stra-

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