‹ Les cafés artistiques et littéraires de ParisChapitre 27 sur 60 · LE CAFE DE LA PORTE-MONTMARTRE · texte numérisé non relu

LE CAFE DE LA PORTE-MONTMARTRE

Timothée Trimm a été un des habitués de la Porte-Montmartre ; il étalait ses chaînes de montre aux anneaux énormes, ses toilettes excentriques qui attiraient l'attention sur sa personne. Le pauvre Lespèsest bien oublié; dire qu'à un moment donné, si l'Académie française avait été nommée par le suffrage universel, le célèbre chroniqueur du Petit Journal eût fait partie des immortels. Peutêtre même Taurait-on chargé de rédiger quelque partie du Dictionnaire ?

A la Porte-Montmartre il y a beaucoup de journaux, aussi y parle-t-on bas, chacun

se faisant part de ses impressions avec calme, on ne veut point attirer l'attention sur soi ni gêner ceux qui lisent les feuilles du jour.

M. Alexandre Gresse , rédacteur du Peuple Français, vers la fin de l'Empire, fréquentait le café; on y voyait aussi M. Spuller, l'ami de M. Gambetta; M. Ordinaire, un député radical lyonnais qui a mal tourné ; M. Henri Aron, rédacteur des Débats, devenu rédacteur en chef de Y Officiel, ont été également des clients assidus de la Porte- Montmartre.

M. Pascal Duprat , député, M. Ulysse Parent, conseiller municipal, s'y rencontrent souvent. M. Duprat est un homme de valeur, il a été longtemps directeur du Nouveau Journal républicain, dont les bureaux sont en face du café, de l'autre côté de la rue. Quant à M. Parent, c'est une nullité absolue. Ce qui a fait sa réputation a pour origine les familiarités d'un sergent de ville qui le rudoya sur le boulevard. Du coup M. Parent devint un homme politique, il arrivera peutêtre à la députation. Ce sera alors pour lui

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le moment d'écrire un livre qui aurait pour titre : Y Art de se faire brutaliser par un sergent de ville et de s'en faire neuf mille francs de renie.

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