‹ Les cafés artistiques et littéraires de ParisChapitre 32 sur 60 · LES CAFÉS DES BOULEVARDS · texte numérisé non relu

LES CAFÉS DES BOULEVARDS

Dans les premières années du règne de Louis-Philippe, les boulevards étaient loin de ressembler à ce qu'ils sont de nos jours. Le Palais-Royal était encore le centre où se réunissaient les flâneurs, et tous les provinciaux arrivant à Paris se rendaient d'abord aux galeries pour admirer le mouvement de la population, les boutiques étincelantes., les cafés remplis de consommateurs. Seul, le boulevard des Italiens — surnommé boulevard de Gand — attirait un certain public. C'étaient les gommeux du temps, auxquels on donnait le nom de gandins*

A l'époque dont nous parlons, la magnifique avenue qui s'étend de la Madeleine à la Bastille n'était pas bordée dans toute sa longueur d'une double rangée de belles maisons, SaufTortoni et le café de Foy, au coin de la rue de la Chaussée-d'Antin et du boulevard, on n'y voyait que des cabarets de deuxième ordre et des marchands de vin.

A l'endroit où se trouve actuellement le café du Helder, le boulevard était en contrehaut, une rue étroite pareille à un large fossé séparait la large chaussée des maisons. On peut juger du coup d'œil que devait offrir ce coin de la rue de la Michodière par ce qui reste encore de la rue Basse-du-Rempart. En peu de temps le quartier se transforma. Un Allemand fonda le café du Grand-Balcon, célèbre par la qualité de sa bière. Le professeur de billard, Paysan, y donna des leçons de carambolage. Puis ouvrirent V Estaminet de Paris, le café Richelieu, le Divan des Panoramas, dans la galerie du même nom , Y Estaminet de l'Europe, le café de la Terrasse, le café Frascati. Tous ces établissements, après

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une vogue plus ou moins longue, disparurent et furent remplacés par d'autres.

Le Grand-Balcon n'existe plus; en face, le Café de Paris, au coin du passage?éde l'Opéra et du boulevard, est passé à Tétat de souvenir ainsi que le Café Grétry, rendez-vous des habitués de la petite Bourse. Cependant le café de Paris a eu une heure de célébrité. M. deVillemessant, le fondateur du Figaro, a été un de ses habitués, ainsi que Léo Lespès, Timothée-Trimm du Petit Journal; Eugène Chavette, romancier, Flor O'Squarr, rédacteur du Figaro; Perron, ancien directeur du Moniteur Universel, fondateur de Y International, du Petit-Caporal, journaux impérialistes.

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