XIV PREFACE
jeunes gens de cette génération, c'est Tardeur qu'ils ont portée dans l'amitié, ardeur intempérante et quelquefois jalouse, dont l'excès nous étonne aujourd'hui. Comme vous avez bien fait de rappeler à ce propos le livre admirable de Michelet! Je ne sais rien de plus tendre, de plus fervent, de plus noble, que cette amitié que Michelet sentit pour ce jeune médecin, son camarade, dont le nom m'échappe. Il l'aima plus qu'aucune maîtresse. C'est cette même affection que Bary sentit pour Bréville, qui lui écrivait : « Je suis pour t'écrire comme Saint-Preux pour lire les lettres de Julie », et ce qu'il y a d'admirable, c'est que ces jeunes gens ne se donnaient, à travers ces témoignages d'une affection si vive, que des conseils de sagesse, de travail, de vertu.
Comme vous avez eu raison d'imprimer quelques-unes de ces lettres! quel mot charmant que celui de Montalivet écrivant à Bary : « Tu es digne d'être mon ami » ; et plus loin : « Tu fais tout avec un emportement qui s'appellerait passion s'il ne t'était habituel! »
£h oui ! ce groupe do jeunes gens était