PRÉFACE. XI
ques; mais est-ce que vous ne sentez pas, sous cette phraséologie, palpiter un cœur bon, sincère et ardent?
Ces jeunes gens aimaient-ils? ou si vous préférez : songeaient-ils aux femmes? Vous imaginez bien que si leur pensée se portait de ce côté, ce n'était pas avec la gouailleuse impudence des jeunes polissons qui achètent le Gil Blets. C'est avec un sérieux tendre et légèrement mélancolique que Bary fait allusion à ses jeunes et chastes amours dont le mystère demeure voilé.
Il vient de lire les Solitaires de Aîurcie, un conte de Marmontel, où sont contées les amours de Formose et de Valérie, et il s'arrête un instant :
<c Je suis tourmenté, écrit-il, par de chers souvenirs. Heureux celui qui n'a pas voyagé I Il n'a pas laissé son cœur à des objets chéris, qu'il ne reverra plus. Mille chimères se croisent dans mon imagination et ne me laissent aucun repos..., je sens un vide dans mon âme, partout ces idées me poursuivent. »
£t quelques jours plus tard, revenant sur ces doux souvenirs :
« toi, s'écrie-t-il, dont le nom fait pal-