Nom laissé en blanc. Il s'acit de la duchesse de Duras
Étrangères; toutes les ambassades étaient données, hors celles de Suède et de Gonstantinople. Il les mit toutes les deux à notre disposition, s'étonnant que mon mari fût obligé de s'adresser à lui: « Je croyais, dit-il à M'"'' de D[urasl, que puisque M. de Chateaubriand n'avait rien, c'est qu'il n'avait rien voulu. Le premier jour à l'arrivée des princes on devait lui ofïrir tout, le second eût été bien tard et le troisième n'eût plus rien valu. » Nous choisîmes la Suède parce que mon mari, a^ant assez mal parlé des Turcs dans son Itinéraire \ craignait, comme M. de GhoiseuF, la prison des Sept Tours. Louis XVIII donna son approbation à celte nomination ^ avec un vrai
1. « Ce qu'on voit là Gonstantinople) c'est un troupeau qu'un iman conduit et qu'un janissaire égorge..., les yeux du despote attirent les esclaves comme les regards du serpent fascinent les oiseaux dont il fait sa proie. » (Itinéraire, édition orig. t. II, p. 66). On trouve plusieurs fois des passages aussi vifs contre les Turcs.
2. Marie-Gabriel-Auguste Florent, comte de Choiseul 1 1752-1817 1, ambassadeur à Gonstantinople il784), essaya de plaider la cause de la Grèce qu'il avait visitée en 1776. Le Sultan fit supprimer des pages, hostiles aux Turcs, d'un ouvrage que Glioiseul désavoua. Il émigra en Russie sous la Révolution et fut nommé au retour des Bourbons ministre d'Etat, membre du Gonseil Privé et pair de France.
3. La nomination parut le 8 août au Moniteur; Ghateaubriand ne manifesta pas un grand enthousiasme à cette nouvelle. « Aujourd'hui ambassadeur de Suède, écrit-il peu après à la duchesse de Duras, la belle fin! Quitter tout, travail songes et le reste...
plaisir et l'accompagna des paroles les plus obligeantes, car il avait un véritable penchant pour M. de Chateaubriand, étant au fond très raisonnable et même, quand il fut le remercier, il lui dit : « C'est une bague au doigt que je vous donne, mais ne partez que quand je vous le dirai : j'ai besoin à Paris de mes bons serviteurs' »*.
J'aurais dû mourir le jour de l'entrée du Roi à Paris ! » (Bardoux, L(i Duchesse de Duras, p. 171.)
J . M'"^ de Chateaubriand n'exagère pas, en parlant des marques de bienveillance du Roi à l'égard de son mari. Le 20 novembre 1814, Louis XVIIl, recevant les délégués de la Chambre des Députés, leur demanda s'ils avaient lu le dernier ouvrage de Chateaubriand (Réflexions politiques sur quelques écrits du jour...) et, après en avoir fait l'éloge, leur dit que « les principes qui y étaient contenus devaient être ceux de tous les Français » (Journal des Débats, 23 novembre 1814.)