CHAPITRE IV
La cyslile n’est pas la seule affection capable de masquer les symptômes de la calculose, et dans ce chapitre, nous nous proposons de montrer que lés {fumeurs et la tuberculose sont susceptibles de faire méconnaître l'existence du ‘calcul.
Une étude rapide de la Symplomatologie de ces deux maladies nous en fera comprendre les raisons.
On peut diviser les signes cardinaux de la bacillose en 3 groupes: troubles de la miction, modificalion des urines el signes physiques.
Les troubles de la miclion sont les premiers en date : peu à peu, sans cause appréciable connue, ou chez un individu porteur déjà de lésions tuberculeuses, la miction s'accompagne d'une douleur vive, se prolongeant même dans l'intervalle des mictions et ne laissant parfois au malade aucun moment de repos. Une observation, citée par Armandon dans sa {hèse, montre cependant que, dans quelques cas chez ladulte, la douleur peut être insignifiante et mênre nulle, Mais ce cas est exceplionnel puisque linlensité de la douleur a servi à caractériser la cysüte bacillaire, dans la plupart des cas. On sait d'ailleurs que chez lPadulle, la douleur atteint parfois une lelle intensité que beaucoup de malades réclament eux-mêmes une opéralion sanglante pour $y soustraire. L'examen des urines,
SPAS
au début de l'affection, peut ne révéler qu'une fréquence de la miction, mais bientôt la pyurie s’installe, caractérisée par ce fait que les urines sont purulentes, surtout à la fin de la miction. Les hématuries, fréquentes au début et qu'on a pu comparer aux hémoptysies du commencement de lä phtisie pulmonaire, se montrent également pendant toute la durée de l'affection, mais à intervalles réguliers, peu abondantes et disparaissant un certain temps pour reparaître ensuite.
En résumé, tous les symptômes: douleur, pyurie, hématurie dominent le tableau de la cvstite tuberculeuse, et nous venons de voir combien leurs manifestations sont puissantes.
Supposons maintenant que celte vessie, atteinte de bacillose, recèle un calcul. Que deviendront les signes rationnels de la calculose en présence d’une inflammation qui cause un semblable vacarme symptomatologique ?
En général la pierre sera méconnue. L'hématurie calculeuse s’ajoutera à l’hématurie tuberculeuse pour créer des hémorragies abondantes et intermittentes. Sa douleur
s’ajoutera à la somme des souffrances déjà dues à sa compagne.
La calculose sera submergée et le praticien, mis en présence du malade, ne songera bien souvent qu'à la phymie.
L’exploration, d’ailleurs elle-même, ne lui donnerait, très “fréquemment, que peu de renseignements. La vessie tuberculeuse, comme toutes les vessies atteintes de processus inflammaloires est une vessie sensible, contractile et, dans l’article précédent, nous avons vu combien les contractions peuvent gêner lexploration et empêcher la découverte de la pierre pour peu que celle-ci soit cachée dans un bas-fond vésical.
Aussi, croyons-nous que Monsieur Armandon a exagéré lorsque, dans le chapitre du diagnostic différentiel de sa thèse, il a écrit: « On éliminera vite les grandes causes de cystite, les calculs, les tumeurs, causes si fréquemment
observées chez les jeunes sujets. L’exploration de la vessie aura vite fait de rejeter le calcul.
« Quant aux tumeurs, poursuit-il, l'exploration renseignera aussi à leur sujet, mais c'est surtout l’hématurie, hémalurie abondante, souvent répétée,.survenant et disparaissant brusquement, capricieuse qui sera caracléristique des néoplasmes vésicaux.
Hélas, la chose n’est pas si facile, et les tumeurs, elles aussi, peuvent rendre très souvent angoissant ie diagnostic de la calculose.
Comment reconnaître la symptomatologie propre au calcul vésical, au milieu du tableau clinique imposant, violent, irrégulier des Lumeurs vésicales ?
Là, aussi, difficulté de l’exploration et de plus, dans de nombreux cas, le toucher rectal lui-même, rencontrant une tumeur peut rester hésitant. Si la tumeur est antérieure au calcul, bien souvent le malade mourra de son cancer et ce n'est qu'à l’autopsie que l'on trouvera la pierre. Nombreux sont les cas qui prouvent cette assertion.
Autrement, si son élat permet que le chirurgien l’opère, ce sera la taille qui révèlera la présence de la concrétion.
Aussi, concluerons-nous que, dans ces cas compliqués, où la calculose s’unit à la tuberculose ou au cancer, le médecin ne doil pas sommeiller. Il est de son devoir de ne pas ménager ses efforts et de rechercher si à côté de la’ tumeur ou de la baciHose, une pierre ne s'est pas développée ou bien au contraire si parallèlement à la li- (hiase qu'il connaît et dont les symptômes se présentent si délormés, la phymie ou la néoplasie ne poursuit pas son œuvre.
Il devra employer tous les moyens quil a à sa disposilion pour arriver à sa fin et la cystoscopie, entre autres procédés, lui rendra de très grands services.
I doil en un mot se souvenir que la tuberculose et les néoplasmes peuvent créer à la calculose vèsicale une + symptomatologie fruste »,