VIEILLE OU BASSE CALIFORNIE
Cette contrée forme une étroite péninsule se déployant parallèlement avec le continent ; elle est bornée à l’ouest par l'océan Pacifique, à l’est par le golfe de Californie, qui prend aussi le nom de mer Vermeille : sonétendueestd’environ sept cent vingt milles, sur une largeur moyenne de cinquante milles. Elle présente une surface de 30,000 milles carrés.
{D Ces évaluations sont empruntées au travail géo. rghl ue qui a été publié par M. Augustus Mitchell en 1846, à Philadelphie. Nous n'avons pu nous procurer la Carte donnée à New-York, par J. Disturnell, en 1847. On peut gpnsabee également la belle Carte de M. de
ofras. ©
(2) Nous aurions voulu donner ici Pro gle positive du nom que porte la Californie; mais nous avons rencontré tant d'opinions diverses émises à ce sujet, et quelques-unes sont si peu admissibles, que force nous a été de dire avec M. Greenhow : « Elles n’ont pas même « le mérite d’être ingénieuses. » Le savant Warden reproduit l’une des moins déraisonnables etsemble l’adopter. Les premiers Espagnols qui arrivèrent dans cette région, surpris, dit-on, des chaleurs extraordinaires dont ils avaient à souffrir, l’appelèrent Calida fornaz ou fournaise ardente, Miguel de Venégas voit dans le mot Californie une appellation indienne détigurée. Quoi que l’on puisse dire, cette dénomination ne s’étendait du temps de Cortez qu’à une seule haie,
1° Livraison. (LES CALIFORNIFS. ) |
ST De. CR I me PE M ven ade Bmn ee
ASPBCT DU GOLFB; CLIMAT; PRODUCTIONS.
En employant urieimage sensible pour tous ceux qui ont quelques notions géo graphiques, un voyageur moderne (1) a fait comprendre quelle était la forme approximative du golfe de Californie.
La configuration de la mer Adriatique, dit-il, donne uue idée assez exacte de la mer de Cortès.
Mais cet écrivain , qui peint quelquefois avec enthousiasme les splendeurs de la végétation dans une autre partie des Califôrnies, nous trace avec son exactitude ordinaire un tableau désolé des bords de cette mer intérieure. « Les deux côtés de la mer Vermeille, nous dit M. Duflot de Mofras, courent parallèlement vérs le nord-ouest ; ellé“ Sont trèsbasses et remplies de marais salants peuplés de caïmans, de reptiles et d’insectes. L'aspect général du pays est horrible; anaton ne saurait rien concevoir de plus nu, de plus désolé. Il ÿ à manque complet d’eau et de végétation ; or ne voit que des miangliers et quelques arbustes épineux, tels que les cactus, les magueys et quelques acacias (le cactus opuntia, l'agave americana et le mimosa gummifera). 11 est trèsrare de rencontrer au bord de la mer des orangers et des palmiers. Il faut aller à plusieurs lieues dans l’intérieur pour trouver de la terre végétale. Le rivage est formé par du sable. et des terrains calcaires impropres à la culture.
A l’entrée du golfe, sur la côte orientale, on aperçoit au loin les sommets de la Sierra madre, qui sépare les provinces de Jalisco, Sinaloa et Sonora, et celles du nouveau Mexique. Chihuahua ét Durango. La côte de la Vieille Californie présente sans interruption une suite de pics déchirés, d'origine volcanique et dépouillés de toute végétation. Cette chaîne de montagnes, qui vient du nord, se dirige dans toute la longueur de la presqu'ile, vers le sud , et s’abaisse graduellement en arrivant au cap San-Lucas (2). » Te Si ce pays stérile offre un aspect trop
1) M. Dufot de Mofras , {. I, p. 204.
2) Le même, Exploration. du territoire de L’Orégon, des Californies et de la mer Verméeille ; Paris, 1844, 2 vol. in-8°, atlas.
rarement sromgu ar … À à es qui en tempèrent la sévérité, rien alé la pureté de son ciel et la lim pidité de l'atmosphère. Quelque beau qu'il soit néanmoins, le climat de cette région est extrêmement chaud ; le ther.
momètre s'élève jusqu'à 88° centigrades | et ce n’est guère qu'en arrivant au 30‘!
de latitude que le froid commence à se faire sentir. Dans la basse Califor. !
nie proprement dite l'été est la saison des plu es, et ce pays, ordinairement !
désolé par la sécheresse, voit se fur. 4 mer alors des orages violents, accom:. 4 pagnés de trombes d'eau, auxquels suc:
ent des coups de vent ue Eu d’autres circonstances un phénomène !
fort étrange a lieu dans ces parages, et4
tions. Un autre féénomen, d’un caractère plus merveilleux encore, anime les nuits sur cesrives de j'océan Pacifique.
À des époques indéterminées, des étoiles filantes innombrables sillonnent l’obsourité du ciel de leurs traits lumineux, ! Telle. est la multiplicité de ces lueurs !
scintillantes, tel est l’éclat continu de ces ” uns météores qu’on les so dans :
e pays sous le nom de pluie d'étoiles. « L'illustre Humboldt fut jadis témoin de } ce pas en parcourant l'extrémité \fe de la Nouvelle-Espagne, et il le décrit 4 avec cette justesse opel Ms à avec ce {à sentiment poétique, qui, sans rien enlever à l’exactitude des détails Vi par !
la science, sait faire comprendre en quelques traits les grands effets de la nature.
. Mais après avoir embrassé d’un coup * d'œil ces généralités qui regardent plus particulièrement la Vieille Californie, . :
nous allons examiner rapidement l’en- 4 semble de ses productions; puis nous :
passerons aux régions que fertilisent de ue fleuves, et qui par cela même ofrent pour l'avenir un intérêt que les anciennes missions ne sauraient désormais réclamer, Ainsi que l’a fait observer un voya- f () :
geur moderne plusieurs fois cité, la rapide
je fe
pol k a
pu mpérent la sévérité
de son ciel et la lim:
hôre.
s, le climat de cet!
nent chaud ; le ther.
ju'à 88° centigrades, l'en arrivant au 30°*
froid
s violents, accom:
l'eau, auxquels suc.
vent terribles. En { nomène | lans ces parages, etk igeurs sans qu'ils le!
ouvent par un temps ite, alors
r du ciel, la pluie ageurs, notamment
8 , ont été témoins
lent dans leurs relaomène, d’un caracencore, anime les e l'océan Pacifique. rminées, des étoiles 8 sillonnent l’obs.
rs traits lumineux,
de pluie d'étoiles.
fut jadis témoin de courant l'extrémité ne, et il le décrit
ui, sans rien enle-
> compren
brassé d’un coup
ieille Californie,
que fertilisent de par cela même of-
sauraient désor-
bserver un voyafois eité, la
ar des effets de !
commence à !
ins la basse Califor. !
e l'été est la saison !
ays, ordinairement !
resse, voit se fur. !
cité de ces lueurs ! éclat continu de ces !
’on les désigne dans
xpression, avec ce !
détails 1 par !
re en rands effets de la ui regardent plus | rapidement l’en- | tions; puis nous |
intérét que les |
fe
LU
ussi suppose-t-on que la montagne si-
ée près de Molejé renferme de l'or.
a même localité fournit une sorte de
ruse ou blanc de plomb natif, le sul-
te de cuivre s’y pee en petits istaux ; mais ce qui est plus précieux ns doute, on peut s'y pre des rres de construction d'une qualité
cellente, et selon Clavigero on y a
ouvé des marbres. Le plâtre s’y mon-
6 (ments il se présente près de
olejé en plaques stratifiées et diapha-
es, et M. de Mofras, à qui nous emruntons ces détails, dit que comme
Îles sont longues de quatre et cinq
ieds, les missionnaires se servaient de
8 plaques en guise de vitraux. Le cris-
al de roche, le soufre, le nitrate de po-
se, le sel de soude; complètent, à uelques omissions près, cette rapide
Bomenclature.
Malgré son extrême aridité et le anque absolu de cours d’eau ayant une rtaine étendue, le sol de la Californie résente une flore encore assez variée
our que nous ne tentions pas d’en
onner ici même un simple aperçu;
s cactus, les plantes épineuses y pré-
ntent surtout leurs formes austères.
es arbres de grande dimension y vienfhent également ; mais on ne les renconqe qu'au sein des montagnes, et leur texploitation présente d'immenses difficultés. Des chênes, des ilex, des liéges, tdes pins, le bois de fer d’une qualité fualogue à celui du Brésil , l’ébénier, le ernis copal, l’arbre à goudron, forent ces forêts inexplorées et jusqu’à résent presque inutiles. Il est aussi un
Orénoque, et rend quelqueais si redoutables les blessures faites ar les Indiens.
Depuis bien des années les arbres ruitiers de l’Europe ont été transpor-
s dans cette région; ils y réussissent
| ès qu’uneirrigation suffisante peut être \ d
# (1) Nous donnons plus LU Ra
baut une description pide de cette province i M
18 mexicaine, # 1} à
F fs
ë pratiquée, et la vigne y vient avec assez
e vigueur pour y donner,des vins d'une lité excellente. 11 en est de même céréales : le blé y rend en certai- .
nes localités jusqu’à soixante pour un.
Le maïs prospère dans les deux Californies comme il presque dans les autres contrées américaines. À ces végétaux si précieux des zones tempér il faut joindre le manioc, la canne à sucre, l’indigo , le tabac, et nombre de plantes propres à la teinture.
La zoologie de cette portion de l’Amérique est incontestablement plus bornée que celle des régions arrosées par de nombreux courants d’eau; nous ferons observer néanmoins qu'un des caractères saillants de l'histoire naturelle dans ces contrées est surtout l'extrême variété de la conchyliologie. Les premiers explorateurs eux-mêmes furent frappés de la richesse, de l'éclat chatoyant, de l'intensité des couleurs répandues sur les beaux coquillages de la Californie. Un grave historien nous a peint la même surprise éprouvée par Viscaïno à l'aspect d'une rive couverte de ces merveilleuses productions. « Durant son second voyage, dit-il, il arriva sur une plage couverte de coquilles si belles et siresplendissantes quoiqu'elles fussent à demi enterrées dans Île sable, le soleil venant à les frapper de ses rayons, ladite plage semblait estre un ciel estoilé. » Les huîtres perlières de la Californie acquirent bientôt une grande célébrité dans le Mexique, et furent même pendant longtemps l’unique objet qui attirât dans ces régions sauvages.