C. ANCTIL, ELIE LacHance
Que doit-on penser de cet homme qui sait qu'une chose est fausse, et qui non-seulement l’affirme sur un journal, mais encore obtient frauduleusement, d’après son compère lui-même, des affidavits pour appuyer ses calomnies,—ettout cela dans le seul but de diffamer un homme qui ne lui a jamais rien fait ? N'est-ce point là l’acte d’un profond scélérat ? Chez certains peuples, on attache à un poteau sur une place publique, les individus convaincus de quelque infamie, et les passants sont invités à leur cracher à la figure. Heureusementpour vous, M. Lemieux, que cette coutume n’existe pas ici; mais votre position n’en est guère plus désirable pour cela, car vous resterez désormais cloué au pilori de l'opinion publique avec l’écriteau CANAILLE attaché au front ; eb moralement au moins, tous les honnêtes gens à quelque parti qu'il appartiennent, vous cracheront au visage !
Je devais aux électeurs du Comté de Lévis qui m'honorent de leur confiance, de ne pas reculer devant l’humiliation de descendre jusqu'à vous pour relever vos injures. J'ai fini. Mais, comme vous pourriez bien, M. Lemieux, recommencer les mêmes infamies, et comme je ne veux point avoir de nouveau à réfuter vos parjures et ceux do vos pareils, je vous avertis que je retire la promesse que je vous ai faite de re point vous mettre entre les mains de la justice. Si vous recommentcez, je ne m'abaisserai plus jusqu’à vous répondre, je vous ferai tout simplement coffrer, vous et vos complices. Il y a des tribunaux criminels contre les voleurs de réputations, aussi bien que contre les ‘oleurs d'autre chose. Tenez vous le pour dit.
Quant à Messieurs Jobin et Lagueux qui ont été assez oublieux de leur dignité de magistrats pour se prêter à cette infamie, dans le but de satisfaires leurs petites rancunes électorales, ils seront longtemps avant de faire disparaître l'impression qui en restera dans l’osprit public.
Croyez-moi, M. le Rédacteur, ete.
Louis H. FrÉoxETTE.
Lévis, 22 juin 1872.
(Extrait de “ l'Evénement ” du 5 Juillet.)
M. le Rédacteur.—Je croyais en avoir fini avec l’intelligent et savant notaire Lemieux ; mais pas du tout. Par dévouement pour moi sans doute, car je me refuse à croire à tant de naïveté, —
RES, à. PR
cet intéressant personnage tient à me laver complètement des calomnies qu’on a portées contre moi. Il ne cèsse de me donner des armes, et si je ne le connaissais pas si profondément méchant, je le soupçonnerais de me vouloir réellement du bien et d'avoir été sincère après tout, lorsqu'il me disait à moi-même et à d’autres, que mon adversaire politique était une canaille. Maissoyons bref.
A défaut de portes, M. Lemieux a tenté de sortir par deux fenêtres. Mais trop lourd pour bien sauter, ilest resté pris là comme ailleurs. Passant du rôle d’accusateur à celui d'accusé, cet insigne menteur nie la déclaration de MM. Anctil et Lachance, et—jugeant les autres d’après lui-:même,—prétend qu’elle ne vatt rien parce qu’elle n’est point assermentée. Qu’à cela ne tienne, saint homme, lorsqu'il s'agit de démontrer que c’est vous qui ne valezrien il n’est point difficile do satisfaire les plusexigeants. Vous êtes trop niais pour être adroitement hypocrite ; les oreilles percent toujours. Voici un affidavit qui convaincra les plus incrédules, s’il y en a:
“ Nous, Chrystophe Anctil et Elie Lachance, tous deux matchands de la ville de Lévis, étant dûment assermentés sur les saints évangiles, déposons ét disons :
& Quo le lendemain de la pablication dans l'Echo de Lévis des afidavits de Joseph Baillargeon et de Octave Dussault, contre M. Louis H: Fréchette, M. Evariste Lemieux, notaire, qui les avait publiés lui-même, a déclaré devant nous, à Lévis, qu'il savait que les dits affidovits ne contenaient point la vérité, ajoutant ces paroles, ou leur équivalent :
& Quand on est mal pris, on s’en tire comme on peut ! Etont signé.
‘ CHRYSTOPHE ANCTIL, « Lie LACHANCE.”
“ Assérmentés devant moi à Québec, “ ce 8e jour de juillet 1572.
« Roperr SHAw, J. P.”
L'autre fenêtre est encore plus étroite et plus dangereuse! M. Lémieux a l’audace d’insulter un saint prêtre, —les conservateurs ont ce droit-là,—et précisément un de ces hommes généreux ét dévoués qui ont dit adieu à tout ce qu'ils avaient de cher ici-bas pour aller dans un pays étranger arracher au schisme une population pervertie par un misérable apostat, celui-là mêmequi, au temps où nous l'appelions l’apôtre Chiniquy, fut le premier conservateur qui osa trainer la religion dans les bourbiers de la
olitique, et faire la guerre aux libéraux canadiens au nom de Dieu et de son église. On a rénié Chiniquy depuis, mais on a trouvé sa tactique bonne et on la continue. Rien de surprenant s’il se trouve aujourd’hui des gens pour jeter de la boue àla figuro d’un de:ceux qui ont reussi à arracher la population canadienne de l'Illinois, des griffes de cet imposteur ! ...
Eh bien, voici un autre vénérable prêtre que je livre à vos outrages, M. le notaire. Vous verrez qu'il est à peu près de mon opinion ot sur vous et sur le journal qui recueille vos ordures :
“ St, Romuald, 21 juin 1872.