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Les camées parisiens

tu viens de le faire pour ton enfant si beau, dans un portrait que Lawrence eût signé avec orgueil, lequel de nos contemporains peut se flatter que V Avenir saura quels furent son être physique et son visage ?

Les penseurs, les observateurs

se réjouiraient sans doute d'avoir, sur la physionomie des personnages célèbres des temps passés, une note vive, rapide, sincère, écrite au courant de la plume par un poète impressionnable qui ait eu de bons yeux.

Voilà ce que je me suis dit, et ce que j'ai essayé de réaliser pour indiquer aux penseurs des âges futurs l'attitude et l'expression de quelques figures illustres, ou simplement curieuses y qui vivent à présent.

Mais (pourras-tu m objecter, non sans raison) tu crois donc posséder ce don inestimable du Style , qui, seul, peut faire qu'un livre dure? — Non, par la glorieuse pantoufle de Rabelais ! je

ne me berce pas complaisamment d'un tel rêve incongru; mais je crois en revanche que nos bibliothèques publiques ont des d imensions très - cyclopéennes, et qu'une brochure infime, oubliée dans un coin de leurs rayons, peut y demeurer intacte, si elle ne moisit, et être retrouvée là, dans un siècle peut-être ! par quelque bon fureteur désœuvré.

S'il plaît au Hasard d'épargner cette plaquette jusqu'à l'époque où nos petits-fils étudieront respectueusement tes ouvrages comme ceux d'un des plus puissants et des plus harmonieux coloristes de l'École Française y ton nom, écrit sur la

première page du livre, attestera alors que parmi les admirateurs de ton talent,, aujourd'hui si élevé et toujours grandissant , npil n'aura été plus ardent et plus sincère que

Ton vieil ami.

Th. de B.

PREMIÈRE DOUZAINE

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