‹ Les camées parisiens (volume 2)Chapitre 103 sur 128 · HORTENSE SCHNEIDER · texte numérisé non relu

HORTENSE SCHNEIDER

h ! qu'elle a raison de demander

à Fart, d'arracher à la nature vaincue ces crêpons, ces frisons, ces neiges, ces nappes de chevelures, ces boucles, ces coques, ces tire-bouchons en délire qui lui font une couronne, une coiffure, un manteau, un vêtement de muse parisienne affolée et affolante !

— Ses traits ! on n'a jamais que ceux qu'on paraît avoir : malins et délicats, ils empruntent une séduction étrange

à l'œil tantôt glauque ou noir, et parfois tout en feu. Cette Bordelaise . — voyez quels ragoûts savants et compliqués! a la bonne humeur madrée et gauche d'une commère normande ; sa gaucherie infiniment gracieuse est le tremplin sur lequel bondit insolemment la gaudriole inattendue : puis, voyezla, par moments brutale comme un couperet, ou fine, blasée et emporte-pièce, comme toutes les Parisiennes en une seule! Ce n'est pas sans raison que, décolletée dans le dos jusqu'à la ceinture , avec le collier à quatre rangs de perles, elle porte ce manteau traînant et cette couronne de duchesse régnante ; car, en effet , elle est l'incarnation même de ce qui règne sur l'antique tréteau sacré ; elle est en chair et en os, parole et musique, la dernière forme de notre art national : je veux dire l'Absurdité dédaigneuse et folâtre!

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