‹ Les camées parisiens (volume 2)Chapitre 80 sur 128 · LA JEUNE ÉLISA · texte numérisé non relu

LA JEUNE ÉLISA

Henri Heine a dit quelque part :

Le malheur est que l'école romantique et l'école plastique n'aient pas pu s'entendre. La beauté de la Jeune Élisa, qu'on montre encore aujourd'hui dans les baraques de la foire, n'était pas un terrain propice à cette réconciliation désirée, car, assez colossale pour ne pouvoir être- admirée autrement qu'en perspective, elle incline décidément du côté de la plastique.

Orgueilleuse sans faste, la Jeune Élisa est coiffée en bandeaux plats! Oh!

que ses yeux, que son nez, que sa bouche, rouges, vernis, régulièrement dessinés comme dans les cahiers de dessin, avaient une expression modestement triomphante, tandis qu'à grand' peine un tambour-major entourait de ses bras une partie du mollet, enfermé dans un bas de coton blanc qui ressemblait à une Alpe de neige! Son cou — ô burgs bâtis sur la cime des rochers foudroyés! — ressemble non pas à la tour d'ivoire, mais à une autre tour Saint- Jacques, autour de laquelle on pourrait, sans en altérer sensiblement la forme, établir une balustrade sur laquelle on poserait aussi l'Ange, le Lion, le Taureau et l'Aigle ; — et, en parlant d'elle, son cornac dit d'une voix éteinte et doucement attendrie :

« Cette jeune personne ! »

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