‹ Les camées parisiens (volume 2)Chapitre 87 sur 128 · JULES FAVRE · texte numérisé non relu

JULES FAVRE

Ce titan en habit poir dit-il quelque chose en effet, lorsque plus bruyant et plus terrible que ses collègues Brontès et Stéropès, il fabrique et débite ses foudres dans la célèbre armoire aux paroles, à côté du verre d'eau sucrée? Pas toujours peut-être; mais qu'importe? Ce front bosselé, ce nez indigné, cette lèvre inférieure qui va au devant de l'objection, cette prunelle tranchante, ce sourcil en zig-zag de

feu, ce tas de cheveux irrités, cette joue mobile sont mieux que des traits éloquents, ils sont l'Eloquence même; ils forgent la foudre et foudroient pour le plaisir, pour rien, comme Caussadé a tué Latournelle. Ne voyez-vous pas que cette barbe étrange s'agite autour du visage comme les serpents de l'éclair ou comme les furies* d'un ouragan déchaîné ? Et toute cette tête hautaine et singulière ressemble à celles que Flaxman, dans sa Théogonie, donne aux géants qui représentent les révoltes des Forces aveugles et les convulsions désordonnées du Chaos f

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