‹ Les Camées ParisiensChapitre 22 sur 54 · HENRY HOUSSAYE · texte numérisé non relu

HENRY HOUSSAYE

Ce jeune homme a raison d'écrire, après Y Histoire d'Apelles^ l'histoire d'Alcibiade; car, n'est-ce pas le seul écrivain aujourd'hui vivant qui ait pu se proposer de peindre un pareil héros sans avoir rien à envier à son modèle? Sa mère, si admirablement belle, et qui si^prématuréînent disparut d'un monde où elle régnait par la toute-puissance de la grâce, eut sans doute les meilleures fées pour amies, car elles

étaient présentes autour du berceau de Henry Houssaye , et elles se sont plu à lui donner la beauté, l'esprit et le reste. Il a déjà le front du penseur, et ses yeux, où l'arcade sourcillière est avancée et hardie plus que dans aucune tête contemporaine, donnent quelque chose de mâle et dé viril à ses traits de jeune pâtre syracusain que réclamerait l'Eglogue; ses lèvres sont charnues, presque toujours entr'ouyertes,.et d'un rouge* vif. Un nez fin et "droit, un peu serré au bou% atteste la résolution -et la bravoure; la barbe, vierge," soyeuse et crespelée, est fournie, tandis que la moustache naît à peine. Grand , élancé et savant à l'escrime, Henry Houssaye a quelque * chose d'un fils de Byron, — et c'est par là seulement qu'il se sauve de ressembler à Daphnis ; quant à la toison blonde qui fait que sa tête ressemble par l'arrangement à celle de Lucius Verus, le mot chevelure ne la désigne que bien imparfaitement.

Enorme, touffue, ébouriffée, emmêlée comme les cheveux de l'archer dont le nom signifie à la fois Epouvante

et Lumière, il faudrait vraiment, pour .

la peindre au naturel, les épithètes ensoleillées de la •Pléiade, et les mots violents du. seizième siècle, tels que les forgeait Ronsard; car avec ses colères et ses sauvageries hautaines, elle arrive résolument à la crinière démesurée du jeune dieu ! t

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