VAUDEVILLE
Air : Du, Vaudeville de Sophie.
EUGENE
Voyc» ce rimcur liy|iocrilc Vftu des dépouilles d 'autrui J ,
£t ce conrtisati parasite , iQui ne dîne jamais chez lui ; Ce jeune fat , à qui pour plaire , Tous les moyens paroissent Lons.
La cour , le Parnasse et Cyttère Sont remplis de Caméléons.
LE COMTE
Lliotnme , Lercé par Tespérance , Cédant a ses vagues désirs , Montre en affaire l'inconstance , Qu'il apporte dans ses plaisirs.
Légers enfans de Prométhéc , De couleurs souvent nous changeons :
Et si la fatle a son protée , L'histoire a ses Caméléons.
SOUPLET.
J'ai vu Mole , j'ai vu Préville, De vingt rôles saisir IVsprit.
Ce que nous hlâmons a la ville Chez les acteurs on l'applaudit.
Au gré d'une muse folâtre , On doit changer de traits , de tons.
Mais pourquoi n'est-ce q^a'au théâtre Qu'on voit peu de Caméléons f
MAD. DE S AJNT- AKGE , au public.
Loin de rendre un arrêt sévère.
Vous daignerez juger gaiement Ceux qui , dans l'espoir de vous plaire^ Changent de forme a tous momens.
Ce sera , si le censeur gronde , I>a première fois , j'en réponds, Qu'on n'aura pas vu dans le monde Kéussir les Caméléons.