LE COMTE DE SAL\T-PHAR
Je ne vous demande pas d'e.«prit , je ne veux que de la gaité. ( à Eugène), M. de Franval avez -vous pris quelque repos? Notre dernier travail a dû vous fatiguer beaucoup. \ eus me présenterez dans une heure la
correspondance à signer j et le reste de la journée sera consacré entièrement aux iplaisirs,
• SOUPLET.
Ah ! je reconnois bien là votre Excellence. Quelle étonnante activité ! à la fois homme d'Etat et homme du monde
LE COMTE
Grâce , je vous prie , mon cher Souplet : nous ne sommes pas à table.
Air : De Marianne.
Je sais que la chacun s'arroge Le droit banal de nous flatterj Mais songez Lien qu'en fait d'éloge.
Je ne tiens qu'a le mériter j
Dans un dîné
Bien ordonné , L'ampiytrîon est toujours couronné.
Le vin fermente
L'éloge augmente
C'est au dessert Un Tnrenne, un ColLert.
Monsieur , par la troupe abreuvée, Au plus haut rang se voit placé :
Mais le grand homme est renversé <^uand la table est levée. ( bis. )
SOUPLET.
Chez moi c'est le cœur qui parle 5 et je serois bien fâché que Monseigneur me fermât la bouche
LE COMTE
J'ai quelques ordres à vous donner.
SOUPLET.
Disposez de moi ;, monsieur le Comte.
LE COMTE
D'abord vous me retiendrez une loge pour le concert de ce jeune virtuose, qui revient de Russie.
Air : Du Pot de fleurs.
Qu'on mette mon nom sur la liste De ceux que flattent ses succès j
Au vrai talent d'un grand artiste Il joint l'honneur d'être Français.
Par sa touchante mélodie, L'ore'lle et le cœur sont surpris.
Et les talens pour moi doublent de prix ,
Quand ils sont nés dans nia patrie. f
Ah ! j'oub]iois le plus important. ( à demi voix) Vous irez rue du Heider.
Air : Daignez m'èpargner le reste.
Vous deviuei facilement Celle a qui vous devei remettre , Avec votre air fin et galant, Et cet écrin et cette lettre.
SOUPLET.
Pour mol (juel honneur,
Monseigneur , • Rend justice a mon zèle extrême.
Rapporterai-je s'il vous plaît Une réponse a ce billet ?
LE COMTE
J'irai la chercher moi-même.
Souplet sort.